Cela ne signifie pas que la lutte contre la fraude fiscale a été reléguée dans une catégorie résiduelle, a indiqué mardi soir la police fédérale, lors d'un briefing informel de quelques journalistes organisé par le cabinet de la ministre de l'Intérieur.Annelies Verlinden (CD&V).

Au cours des quatre prochaines années, la lutte contre la fraude fiscale ne sera plus une priorité absolue pour la police, a affirmé mardi le quotidien De Tijd. Elle ne fait en tout cas plus partie des phénomènes qui méritent une "attention particulière" de la part de tous les services de police du pays.

Le plan sera présenté aux entités fédérées lors de la Conférence interministérielle de vendredi. Il doit entrer en vigueur en janvier.

Dans la majorité fédérale, le PS a fait savoir qu'il n'apportera pas son soutien à "un plan de sécurité au rabais sur la fraude fiscale", selon les mots du chef du groupe socialiste à la Chambre, Ahmed Laaouej. Pour les socialistes flamands, il s'agit d'"un très mauvais signal" qui "sape l'esprit de l'accord de gouvernement". Ecolo-Groen n'est guère conquis non plus par la liste des priorités telle que présentée mardi.

La police fédérale a nuancé les informations à ce sujet mardi soir lors d'un briefing informel organisé par le cabinet Verlinden. Le nouveau plan de sécurité nationale n'a pas encore été finalisé. On y a opté pour une approche complètement différente de celle des années précédentes, ce qui rend la comparaison inappropriée, a-t-il été dit. "Le précédent Plan National de Sécurité contenait trop de programmes et d'objectifs, ce qui nous laissait trop peu de temps pour anticiper les nouvelles évolutions", a-t-il été dit.

Le plan de sécurité se compose désormais de trois catégories. Les quatre "thèmes transversaux" sont les questions pour lesquelles une nouvelle politique doit être déclinée au cours des quatre prochaines années. Il s'agit de "l'Internet et les nouvelles technologies", "la criminalité organisée", "la gestion intégrée des frontières" et "la gestion policière des espaces publics". Le volet "Follow-the-money", qui peut être utilisé pour mettre les fraudes à jour, en fait partie, a fait observer le cabinet Verlinden.

En outre, sept aspects méritent une "attention particulière". La police s'est déjà concentrée sur ces derniers. L'approche doit seulement être améliorée au cours des quatre prochaines années. Il s'agit notamment de la lutte contre la radicalisation, du terrorisme, de la traite des êtres humains, de la drogue, de la violence domestique et sexuelle et de la fraude sociale.

Enfin, il y a les thèmes qui méritent une "attention permanente". C'est là que l'approche doit être "ancrée", dit la police fédérale. Toutes sortes de "phénomènes fiscaux et économiques", y compris la fraude fiscale mais aussi la contrefaçon et la criminalité liée aux jeux de hasard, en font partie, tout comme les délits concernant l'intégrité physique des personnes ou des questions relatives aux nuisances. Là aussi, la police veut continuer à agir de manière permanente.

En théorie, tout peut encore changer, lors de la réunion de la Conférence interministérielle de vendredi, mais les entités fédérées ont participé à son élaboration depuis le début, de sorte que le cabinet Verlinden ne s'attend pas à de grandes surprises.

L'approbation par l'ensemble du gouvernement n'est pas prévue, car il s'agit d'un document de politique des ministres Verlinden et Van Quickenborne. "Mais nous ne serions pas surpris qu'il y ait encore des questions sur un certain nombre d'aspects", a affirmé le porte-parole de la ministre Verlinden.