Amertume de la PJ et des polices communales

BRUXELLES Le gouvernement fédéral devrait ce matin proposer à la signature royale la nomination d'Herman Fransen (57 ans), lieutenant général et actuel commandant de la gendarmerie, au grade de commissaire général de la future police fédérale, et de son adjoint, l'actuel patron de l'Inspection générale de la gendarmerie (IGGd), le général Luc Closset, au grade d'Inspecteur général de la nouvelle police. Si leur nomination devait être confirmée ce vendredi par le gouvernement et si le Roi devait signer les actes de nomination tout paraît réglé mais le dernier mot restera au Palais les deux nouveaux patrons de la police fédérale prêteront serment dans le courant de la semaine prochaine, mardi ou mercredi, jour de la SaintNicolas.

Les deux hommes entreront alors en fonction le 1er janvier. Ils y seront pour un terme de cinq ans, renouvelable une seule fois.

Pour ces deux candidatures, huit personnes avaient postulé: il s'agit, outre de MM. Fransen et Closset, du commissaire en chef de la police d'Alost Carlos de Troch, du commissaire en chef de la police de Mons Luc Demol, du commissaire en chef de la police d'Ixelles Gérald Noon, du commissaire en chef de la police de Forest Emmanuel Herman et du colonel Duchâtelet.

Dans un premier temps, les huit candidats, choisis parce que leurs candidatures avaient été valablement introduites et qu'ils répondaient aux critères prédéfinis, ont été soumis à une première épreuve de type assessment center, organisée, à la fin de la semaine passée, par la firme américaine Ernst & Young, sous la tutelle du Selor. Une épreuve pas piquée des vers: elle a duré pas moins de 14 h! A l'issue de cette première sélection, trois des huit candidats ont été déclarés aptes au commandement: il s'agit de MM.Fransen, Closset et Herman.

Lundi passé, le trio était ensuite invité à subir une interview de la commission de sélection, chargée de vérifier s'ils répondaient bien au profil exigé pour la fonction. Cette commission était composée du patron du Selor M. De Wilde, du magistrat national Michèle Coninsx, du procureur général de Mons M. Ladrière, de Monique De Knop (Police Générale du Royaume), du professeur Hendrickx (université d'Anvers) et du professeur Allé (ULB-Solvay). Le général Fransen, entré le premier, a été auditionné durant 1h; le général Closset durant 40 minutes et le commissaire Herman, durant une demi-heure. A l'issue de cette discussion à bâtons rompus, ce sont les deux gendarmes qui ont été retenus.

PJ et polices communales sont donc absentes du top de la nouvelle police. Pour la PJ, les nominations de Herman Fransen et de Luc Closset à la tête de la police unique sont ` malsaines ´. Les compétences des deux gendarmes ne sont pas en cause pour le secrétaire général du syndicat autonome de la PJ Jean-Pierre Donnay-Wouters. Mais le PJiste hutois estime que psychologiquement, la décision est malhabile. `On aurait dû préciser au préalable que le commissaire général et l'inspecteur général ne pouvaient pas être issus du même corps´, a-t-il dit. Le représentant du syndicat majoritaire de la PJ craint que la notion de `l'Etat dans l'Etat ne soit légitimée´.