La procureure du Roi de Hal-Vilvorde, Ine Van Wymersch, souhaite d’urgence mettre fin au "shopping linguistique" auquel s’adonnent les suspects, relève-t-elle dans une interview accordée à VRT NWS et Bruzz. "Cela nous coûte énormément de temps et d’argent, frustre le parquet et la police et ne fait de bien à personne", selon la procureure.

L’idée reçue veut que le tribunal francophone de Bruxelles soit plus clément. C’est pourquoi beaucoup demandent un changement de langue, avec toutes les conséquences qui s’ensuivent. "Les dossiers doivent être complètement ou en grande partie traduits. En outre, le personnel du tribunal francophone bruxellois n’est pas prévu pour s’occuper en plus des affaires de Hal-Vilvorde."

Ine Van Wymersch propose donc que la langue de la procédure soit déterminée par l’endroit où les faits ont eu lieu. Cela ne devrait avoir un impact qu’à Hal-Vilvorde, selon elle. "Avant la scission de l’arrondissement judiciaire, nous avions des magistrats instructeurs bilingues. Même en cas de changement de langue, ils conservaient le dossier. Désormais, le juge d’instruction désigné doit être révoqué à chaque fois et une nouvelle demande doit être déposée auprès d’un nouveau juge d’instruction."Pour la procureure, cela augmente également le risque d’erreurs de procédure.

Frustration de la police

La situation crée aussi de la frustration auprès des policiers, car leurs enquêtes sont reprises par le corps de police francophone de Bruxelles ou de la Région wallonne. "La police locale de Bruxelles Nord doit ainsi parfois examiner des faits qui se sont produits à Vilvorde. Mais cette zone de police n’a pas forcément les capacités de le faire car elle n’a pas la même affinité avec le terrain."

Enfin, Ine Van Wymersch plaide également pour un site propre à la justice à Hal-Vilvorde, rassemblant le ministère public, la maison de justice et le tribunal ensemble. Le ministère public est toujours logé dans une ancienne maison de retraite à Asse, qui est à peine sécurisée.