C’est peut-être vrai dans leur école mais c’est loin d’être une généralité. Dans de nombreux établissements, ce pan de notre histoire n’est pas enseigné faute de temps.

"Dans mes cours, notre histoire coloniale est enseignée. En sixième, on la voit, y compris la question de sa spoliation par l’État belge entre 1908 et 1960. En cinquième, quand on arrive au-delà de la révolution industrielle, c’est déjà bien. Le programme est volumineux et souvent, le déficit en vocabulaire est tel que les élèves ne comprennent pas ce qu’ils étudient et restituent. Dans le libre, où le programme est partiellement décalé au niveau chronologique, si l’enseignement est débordé, il y a le risque de voir la colonisation ou l’impérialisme passer à la trappe", juge Jean-Marc, historien et enseignant dans l’analyse de l’Ufapec.

Selon l’établissement scolaire, les réseaux et les filières, les élèves ne sont pas égaux face à l’apprentissage de l’histoire de la colonisation du Congo.

"Selon les chercheurs, il existe treize programmes différents, selon les réseaux et les filières. En réalité, bien des enseignants dispensent déjà d’excellents cours sur le Congo. Dans certains réseaux et dans certaines filières, c’est même abordé systématiquement. Mais ce que nous désirons, c’est que tous les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles sans exception aient connaissance de cette période de notre histoire", indique-t-on du côté de Caroline Désir.

L’actuelle réforme des référentiels du tronc commun prévoit que le référentiel d’histoire inscrive l’histoire du Congo dans l’histoire de la Belgique et montre explicitement les mécanismes de domination dès la deuxième et troisième année du secondaire.