Belgique Pour la Fédération des entreprises belges, cette mesure "détruirait l’emploi".

Que dit le monde de l’entreprise sur la semaine des quatre jours ?

Sans surprise, la Fédération des entreprises belges (FEB) y est farouchement opposée.

Pour la FEB, une diminution collective du temps de travail avec maintien du salaire serait une mauvaise idée. "Les entreprises du secteur privé ont la possibilité d’instaurer une diminution collective du temps de travail si elles le souhaitent, mais elles ne le font pas pour cinq raisons", précise Pauline Bertrand, attachée presse de la FEB qui détaille son argumentaire en cinq points.

1) Pour la FEB, le travail n’est pas une donnée fixe, comme le montre par exemple l’arrivée des femmes sur le marché du travail au cours des dernières décennies. La fédération des entreprises fait remarquer que ces dernières n’ont pas pris le travail des hommes. Au contraire, leur insertion sur le marché du travail a donné un coup de pouce à la croissance de la productivité, ce qui a fait croître les salaires et aussi la demande de produits nouveaux et, en fin de compte, le nombre total d’emplois. Elle ajoute que toutes les heures de travail ne se valent pas car la plupart des entreprises possèdent des organisations avec des fonctions très divergentes.

2) "La Belgique est déjà championne en matière de régimes de congés. Elle compte 24 types de congés différents, qui peuvent déjà être pris de manière très flexible", assure Pauline Bertrand. "Il en résulte que 24,2 % de la population belge travaille à temps partiel, avec supplément de l’État."

3) L’instauration d’une semaine de quatre jours avec maintien du salaire impliquerait pour la FEB une augmentation automatique de 20 % du coût de la main-d’œuvre et détruirait l’emploi.

4) Pour la FEB, une diminution collective du temps de travail ne fera qu’accroître davantage le nombre de postes vacants (145 000 €) qui ne trouvent pas preneur. "Un tiers des postes non pourvus ne demandent aucun diplôme", reprend la porte-parole de la FEB. "Dans presque tous les secteurs, les entreprises ont un besoin criant de main-d’œuvre tant qualifiée que non qualifiée."

5) "Il n’existe aucun exemple de pays où cette proposition a été mise en œuvre et fait ensuite l’objet d’une évaluation positive", ajoute-t-elle. "En France, la semaine des 35 heures existe encore formellement, mais on tente d’y échapper de toutes les manières possibles en rendant les heures supplémentaires nettement plus faciles et moins onéreuses."

La FEB concède cependant que combiner travail et famille n’est pas "évident", que le burn out constitue un réel problème et appelle des solutions.

Pour la fédération, le principe de départ de l’organisation du travail doit être celui-ci: "Comment créer une organisation où les travailleurs peuvent et veulent donner le meilleur d’eux-mêmes ?"