La situation est "périlleuse" de l'autre côté de la Manche. Alors que le nombre de contaminations ne cesse d'augmenter, le nord-ouest de l'Angleterre a dû faire appel à des renforts pour lutter contre ce que plusieurs personnes ont déjà qualifié de "troisième vague".

L'armée a ainsi été déployée dans certaines villes pour tenter d'accélérer la campagne de vaccination. Les autorités ont également mis sur pied un système de bus "vaccinaux", pour éviter de perdre du temps. Toutes les personnes de plus de 18 ans, dans les zones les plus touchées, ont été invitées à se faire vacciner dans les plus brefs délais. Le Royaume-Uni a également décidé de mettre davantage l'accent sur le testing et le contact tracing pour endiguer cette nouvelle vague.

Cela sera-t-il suffisant pour reprendre le dessus sur le virus ? Si les experts l'espèrent, ils n'en restent pas moins mitigés quant à la possibilité de mettre en oeuvre la suite du déconfinement. Prévue pour le 21 juin, cette nouvelle phase devrait acter de nombreux assouplissements, dont la fin de l'obligation du port du masque et du télétravail. Boris Johnson annoncera, ce lundi 14 juin, si oui ou non le Royaume-Uni devra patienter pour retrouver davantage de liberté. 

Le vaccin face au variant indien  

Quoi qu'il en soit, les experts se sont accordés pour dire que le variant indien, plus contagieux que le britannique, jouait un rôle important dans cette recrudescence de l'épidémie. Alors que la campagne de vaccination dans le pays est bien avancée avec 42,4% de la population totalement vaccinée et 60,9% ayant reçu la première dose, pourrait se poser la question de l'efficacité du vaccin face à ce variant delta. Mais les études récentes démontrent que le vaccin reste efficace contre le virus qui circule actuellement abondamment au Royaume-Uni. Plus encore, comme l'a pointé Emmanuel André sur Twitter, les données communiquées par les autorités sanitaires britanniques prouvent indéniablement que le vaccin fonctionne. "Dans le Nord-Ouest de l'Angleterre, une augmentation des hospitalisations suit l'augmentation des infections causées par le variant B.1.617.2. Ces hospitalisations concernent quasi uniquement les tranches d'âge incomplètement vaccinées", a écrit le virologue.


Quid de la Belgique ?

C'est notamment pour cette raison qu'il s'est montré plutôt optimiste quant à l'arrivée du variant indien en Belgique. "Nous ne pouvons pas empêcher cette variante de devenir dominante, mais nous pouvons la ralentir autant que possible", a-t-il ajouté à nos confrères de Het Nieuwsblad. "En rendant plus compliqués les déplacements vers les pays où cette variante est dominante, en ayant un tracing plus actif, avec notamment plus de tests. Ce sont autant de possibilités qui vont nous permettre de ralentir l'essor du variant delta. Et plus on gagne de temps, plus il y aura de personnes complètement vaccinées." Selon l'expert de la KULeuven, il serait même concevable que l'on puisse voir le variant indien devenir dominant chez nous sans trop de conséquences, et d'éviter "un nouveau lockdown". 

Même son de cloche du côté du porte-parole interfédéral Steven Van Gucht. Pour le virologue de Sciensano, il y a peu de risque que le variant indien s'impose aussi vite dans notre pays. Il a ainsi souligné que la plupart des personnes à risque avaient déjà été complètement vaccinées, ou avaient au moins reçu une première dose. "Il est toutefois possible que le nombre d'infections augmente et qu'à un moment donné, nous soyons confrontés à une hausse des hospitalisations, puis espérons-le à une diminution lorsque la campagne de vaccination touchera à sa fin", a-t-il détaillé auprès de nos confrères de Het Laatste Nieuws.