Des enfants et leurs mères ont dormi ces dernières nuits devant l’Institut Jules Bordet, transformé en centre d’accueil et d’enregistrement des exilés ukrainiens. Dans les gouvernements régionaux, on évoque des dizaines de milliers de réfugiés que l’on ne sait pas où placer alors que les administrations sont déjà déforcées par le Covid. Visiblement, toutes les structures compétentes sont débordées. Une situation qui exaspère jusqu’au plus haut sommet de l’État. Jeudi, le Premier ministre, la ministre de l’Intérieur, le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration et les ministres-présidents se sont réunis pour essayer de trouver une solution structurelle à cet afflux massif de réfugiés. Interrogé sur ce point à la Chambre, le secrétaire d’État Sammy Mahdi (CD&V) a répondu que des dizaines de milliers de places d’accueil seront créées d’ici la fin du mois. À Bruxelles, la reconnaissance automatique et l’enregistrement des réfugiés seront accrus. "Il faut que les gens puissent être accueillis comme il se doit. Il faudra décentraliser partout dans le pays. Je ne veux pas regarder dans cette lasagne institutionnelle pour voir qui doit faire quoi. Tout le monde doit y mettre du sien."

En attendant que de nouveaux centres, dont celui du Heysel, ouvrent leurs portes, le centre Bordet reste débordé. En sous-effectif, l’Office des étrangers ne parvient pas à enregistrer toutes les demandes. Fedasil parvient à rediriger certains réfugiés vers des logements, mais accuse une certaine impuissance due à un manque de moyens. Notons que ce blocage est également la conséquence d’une confusion et d’une mauvaise communication. "Il n’est pas nécessaire pour les personnes qui disposent déjà d’un accueil de se présenter à Bordet. Ils ont le droit d’être en Belgique pour 90 jours", s’époumone le cabinet Mahdi, qui affirme que seulement 30 % des personnes présentes dans les files n’auraient pas de logement. Seuls les exilés qui ne connaissent personne en Belgique et qui ont besoin d’un toit doivent se présenter au centre d’enregistrement bruxellois afin de recevoir un logement.

Plus de 4 millions d’Ukrainiens devraient fuir leur pays, selon les prévisions. Des milliers d’entre eux arriveront en Belgique. L’opération #PlaceLibre était le premier pas pour créer des places d’accueil temporaires. Maintenant, les Régions cherchent en urgence des solutions en accord avec le fédéral qui déclare par la voix de son secrétaire d’État : "Seuls, nous n’y parviendrons pas".