Le ministre socialiste s'inscrit dans le sillage des déclarations faites mercredi par le ministre-président, Elio Di Rupo, au parlement wallon.

"Si les mesures ne sont pas jugées suffisantes pour infléchir la courbe de cette deuxième vague, la Wallonie est prête à aller plus loin en termes de reconfinement", a assuré M. Collignon.

"Ce serait mentir aux gens de dire que la situation est sous contrôle", a-t-il ajouté. "Aux yeux du gouvernement wallon, les mesures prises sont insuffisantes pour faire face à l'épidémie".

L'exécutif régional attend de voir les propositions du commissaire du gouvernement fédéral à la lutte contre le coronavirus, Pedro Facon. Des pays voisins, dont la France, prennent des mesures strictes, a fait remarquer M. Collignon qui évoque notamment la refermeture des commerces non essentiels. Si le comité de concertation ne devait pas donner satisfaction aux Wallons, le ministre-président convoquera une réunion du gouvernement régional.

Le ton était plus mesuré du côté du MR. Le vice-président de l'exécutif wallon, Willy Borsus, attend de voir le rapport de la Cellule d'évaluation du gouvernement fédéral (Celeval). Il veut notamment savoir si les commerces non essentiels peuvent être considérés comme des sources de contamination. Il rappelle par ailleurs qu'il faut une dizaine de jours avant que l'effet des mesures ne se fasse sentir.

Le Premier ministre, Alexander De Croo, a annoncé mercredi soir un "reconfinement partiel" mais son intervention a surtout visé à coordonner les mesures prises dans les différentes Régions.

"Quel est l'espace complémentaire avant un reconfinement total?" s'est demandé M. Borsus sur le plateau de LN24.

Le ministre libéral évoque la possibilité d'avancer encore le couvre-feu (en vigueur dès 22h en Wallonie) et de "nouvelles restrictions dans les contacts interpersonnels".

Dans l'opposition à gauche, le PTB appelle lui aussi à la fermeture des entreprises non essentielles. Selon une étude menée sur 517 personnes dans les maisons médicales de Médecine pour le peuple, 21% des contaminations ont lieu sur le lieu de travail, a expliqué le chef de groupe à la Chambre, Raoul Hedebouw, dans les colonnes de la Dernière heure et sur les ondes de la Première.

Les communistes demandent que les travailleurs qui se retrouveraient en chômage économique conservent 100% de leur salaire. Ils réclament également des moyens supplémentaires pour l'Inspection sociale afin de contrôler le respect des mesures sanitaires sur les lieux de travail.

"Il faut prendre des mesures beaucoup plus sévères dans les entreprises", a souligné M. Hedebouw.


La situation actuelle est la conséquence d'une logique qui a échoué, d'après lui. "On a pris en Belgique l'option de vivre avec le virus, c'est une erreur", a-t-il affirmé.

Le PTB met en avant les résultats observés dans les pays asiatiques, comme le Vietnam, la Chine, le Japon ou la Corée du sud. Il réclame à ce titre l'accroissement massif des moyens de dépistage.