Il est pourtant essentiel d’anticiper sur les besoins qui seront les nôtres une fois la vie professionnelle terminée.

La pension est un thème traditionnel de discussion. Et pourtant, le sujet reste un grand mystère pour de très nombreux Belges, selon une enquête menée pour le compte de CBC. " C’est même perçu comme une réelle angoisse chez nos clients" , souligne Xavier Falla, Directeur du marché des particuliers chez CBC.

La pension, c’est tout d’abord une histoire de piliers. Or, huit Belges sur dix ne peuvent spontanément l’évoquer. Sept Belges sur dix ne connaissent pas le montant de leur pension légale (1er pilier). Quatre Belges sur 10 ne connaissent pas le montant de leur pension complémentaire (2e pilier). Et un Belge sur deux, enfin, n’a pas encore souscrit à un produit d’épargne-pension (3e pilier). Que 48 % des Belges estiment dès lors ne pas se sentir bien préparés à leur pension est somme toute logique.

"Le Belge se dit qu’il doit faire quelque chose mais il ne demande pas de conseils et un sur deux ne fait rien. Ce paradoxe mérite réflexion", estime à ce sujet Valérie Flohimont, professeur à l’Université de Namur.

Le futur retraité n’en espère pas moins avoir une pension égale ou supérieure à 60 % de son dernier salaire. Il sera loin du compte : le taux de remplacement est de l’ordre de 40 %, en moyenne, sur base du seul premier pilier. S’il bénéficie d’une assurance de groupe, il peut alors tabler sur 55 %. "Le Belge perd en moyenne 50 % de ses revenus. Or, les coûts liés à l’âge et les envies ou besoins qu’ont les pensionnés génèrent un niveau de vie qui reste important. Si un couple n’est pas en bonne santé, il ne peut sous-estimer les coûts des soins. En bonne santé, ces personnes auront d’autres dépenses à financer telles que les loisirs. Il est donc essentiel que le Belge anticipe et prépare sa retraite", note encore Valérie Flohimont.

Chaque contribuable peut souscrire à un produit d’épargne-pension. Un Belge sur deux le fait. "Le client recherche surtout l’opportunité fiscale", remarque Xavier Falla, qui permet de récupérer 30 % du montant versé, avec un maximum de 940 euros pour cette année.

Trop souvent, la réflexion ne va pas plus loin. Ils ne s’intéressent pas vraiment au montant que cela peut représenter au final. "Un client sur deux opte pour un produit d’assurance, malgré les taux bas. C’est le réflexe compte d’épargne".

Or, les plus jeunes ont tout intérêt à privilégier les produits investissant peu ou prou dans les actions.

Cet attrait pour les produits sans risque n’étonne qu’à moitié Valérie Flohimont. "Nous sommes dans une société où l’on recherche le risque zéro. Cela se traduit dans le comportement de l’épargnant".

Le risque zéro est toutefois biaisé en matière d’épargne. "L’épargnant oublie de tenir compte de l’inflation", rappelle Bernard Kempen. En pratique, vous perdez du pouvoir d’achat en restant scotché sur un compte d’épargne. Ce n’est pas tout à fait ce que le futur pensionné recherche.