L'écologiste a tenté de raisonner les casseurs pendant la manifestation. En vain... 

Alerté à 18 heures de la tournure que prenait la manifestation Black Lives Matter, le bourgmestre d'Ixelles, Christos Doulkeridis (Ecolo), a immédiatement tenu à se rendre sur place. "Je voulais raisonner les manifestants, aller à leur rencontre pour calmer le jeu", raconte l'écologiste. Il dépose son vélo à la chaussée d'Ixelles, là où le ton commence à sérieusement monter entre les forces de l'ordre et de nombreux civils. "Je leur ai dit qu'ils avaient le droit d'exprimer leur opinion en manifestant mais que nous ne pouvions tolérer la casse et la confrontation", continue-t-il. Mais, alors que le bourgmestre les encourage à poursuivre la manifestation pacifiquement, des individus mettent le feu à des poubelles, quelques mètres plus loin, et saccagent la vitrine d'un magasin. "Casser, piller, salir étaient leurs seuls objectifs", regrette M. Doulkeridis, qui se dit "dégoûté" par de telles attitudes. La police tente alors d'intervenir, tout comme le bourgmestre qui cherche à s'interposer, comme le montre la vidéo ci-dessous, entre les casseurs et le magasin de l'avenue de la Toison d'Or. En vain... Quelques secondes plus tard, la vitrine vole en éclats. La police intervient à son tour, "du mieux qu'elle peut".

Dénonçant vivement le fait que des individus aient profité de drames humains pour se défouler et casser, le bourgmestre met en garde toutefois quant à de dangereux amalgames. "J'ai discuté avec les policiers et il ne s'agissait pas d'habitants de Matonge, ni de personnes connues dans la commune", précise-t-il, inquiet des retombées que cela pourrait avoir sur sa commune. L'écologiste raconte ainsi avoir vu s'excuser des personnes d'origine africaine, n'étant en rien responsables de ces débordements, par simple peur qu'on les y associe. 

Manifester était une "nécessité"

"On a évité le pire, estime-t-il a posteriori. S'il y avait eu la nécessité de charger, il y aurait eu des dégâts humains." Les dommages matériels, quant à eux, sont énormes. Des détériorations que le bourgmestre déplore d'autant plus en ces moments déjà si compliqués pour les commerçants. "Je suis resté jusqu'à la fin pour accompagner les vendeurs et leur permettre de rouvrir convenablement leurs portes ce lundi matin", explique M. Doulkeridis, soulignant que ce 8 juin revêt une importance toute particulière pour l'horeca. 

Malgré les échauffourées qui ont éclaté en marge de la manifestation, le bourgmestre d'Ixelles ne regrette en rien qu'elle ait été organisée. "Il y avait une nécessité de s'exprimer partout dans le monde, en Belgique aussi", insiste l'écologiste. Il pointe vivement du doigt l'attitude du MR qui a interpellé Philippe Close sur la façon dont les événements se sont déroulés . "Quel sens ont les règles adoptées par le CNS après un tel précédent ?", s'était interrogé le président du parti libéral, Georges-Louis Bouchez, ce dimanche soir. "Cela m'étonne, je trouve ça choquant de constater un tel changement de discours, commente M. Doulkeridis. Il s'agit clairement d'une stratégie électorale de la part du MR." Selon l'écologiste, la Première ministre libérale, Sophie Wilmès, avait elle-même demandé à ce que soit trouvé un compromis pour que puisse se tenir cette action, tout en respectant les mesures sanitaires. "C'est indécent cet acharnement du MR", conclut le bourgmestre d'Ixelles, soulignant que la solidarité dont tout le monde a fait preuve pendant la crise semble désormais bien lointaine.