Le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot, n'est absolument pas favorable à une démarche de deux consommateurs de cannabis qui ont souhaité créer dans la capitale wallonne un "cannabis social club", en d'autres termes une association sans but lucratif pour cultiver et récolter du cannabis et le distribuer à leurs membres pour leur consommation personnelle exclusivement. Les deux fondateurs ont adressé un mail à Maxime Prévot et Philippe Dulieu, le procureur du roi de Namur, pour les prévenir de leur initiative.

Le modèle vient de Flandre. Pour eux, c'est une bonne alternative car elle permettrait une production en toute transparence hors de toute clandestinité. Les deux fondateurs ont expliqué sur les ondes de la RTBF que les dealers en rue proposent généralement d'autres drogues, comme de la cocaïne, des amphétamines ou de l'extasie. Leur marge bénéficiaire est plus importante sur ces drogues dures. D'où l'idée d'organiser une production contrôlée par l'Etat qui couperait ainsi l'herbe sous le pied des trafiquants.

Mais pour le bourgmestre et le procureur, cette démarche est illégale. "Très clairement, j'en ai parlé avec Philippe Dulieu aujourd'hui et leur démarche est répréhensible pénalement. La production au bénéfice d'autrui et l'organisation en réseau, c'est non seulement inopportun mais surtout illégal. Si ça doit effectivement voir le jour, le parquet poursuivra", a-t-il déclaré.

Le premier "cannabis social club" de Belgique, à Anvers, a été poursuivi par la justice à plusieurs reprises, selon la RTBF.