Le CDH a porté dimanche un regard acerbe sur l’action du gouvernement fédéral face à la crise du coronavirus. Il regrette les dissensions qui apparaissent selon lui entre les partis et, sans le nommer, a ciblé le MR pour sa "participopposition" dans la majorité fédérale.

Les mesures sanitaires ont parfois suscité des frictions ou des remarques critiques au sein de la coalition Vivaldi. Le MR a paru mal à l’aise avec certaines des fermetures d’activité décidées pour endiguer la progression de la maladie et le président, Georges-Louis Bouchez, s’en est pris publiquement la semaine passée au ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), pour déplorer un manque de "collégialité".

"Notre opposition constructive devient le levier d’une majorité auto-bloquée avec des partenaires qui cafouillent beaucoup entre eux, quand ils ne remettent pas en cause eux-mêmes les décisions prises par leur propre exécutif. Ce n’est pas en agitant un chiffon rouge ou bleu que les citoyens se réconcilieront avec la politique. Je suis abasourdi de voir des ministres jouer de manière faisandée la ‘participopposition’, cela me choque. Faire croire aux gens que, demain, ils pourront reprendre leur activité alors que ce n’est pas le cas parce que (ces ministres) font partie des instances qui le décident, c’est jouer sur la fragilité, la peur des gens, c’est scandaleux", a martelé le président des centristes, Maxime Prévot, à l’occasion des vœux de nouvelle année de son parti.

Il y a deux semaines, les gouvernements du pays sont parvenus à un accord sur le futur plan de relance d’après-crise. La solution n’a toutefois pas plu à tout le monde, particulièrement à Bruxelles où les écologistes ont eu l’impression que la Région-capitale était lésée par rapport aux autres. Le CDH s’étonne également du manque de transparence du processus de décision.

"Le plan de relance qui s’esquisse commence mal, seuls les ministres de la majorité ont eu droit de cité", a fait remarquer M. Prévot.

Le CDH a rappelé quelques-unes de ses revendications face à la crise, dont la défiscalisation des aides apportées par les gouvernements ou une aide pour soutenir les exploitants d’établissements qui ne peuvent plus payer leur loyer. Il lance aussi un appel à "une relance psychologique", c’est-à-dire un plan de soutien à la santé mentale de tous les publics, en particulier les jeunes. "Ils n’en peuvent plus", a averti M. Prévot.