Il accuse les syndicats chrétiens francophone CNE et flamand ACV Puls de ne pas répondre aux propositions de la compagnie et de privilégier l'arrêt de travail. Vendredi dernier, les syndicats ont annoncé une grève des membres du personnel de cabine de Ryanair travaillant aux aéroports de Zaventem et de Charleroi ces 22, 23 et 24 avril. Ils justifient cette action par l'échec des négociations autour d'une nouvelle convention collective sur les salaires et les primes du personnel de cabine. Un tiers des vols Ryanair programmés vendredi ont été annulés à Brussels Airport mais, selon la compagnie, plus de 50% du service devrait néanmoins être assuré à Zaventem et Charleroi.

Le CEO Eddie Wilson indique avoir tout tenté pour obtenir un accord lors de la dernière médiation de vendredi dernier mais n'avoir reçu aucune réponse des syndicats aux propositions de la compagnie. "Ils nous ont dit qu'ils voulaient nous donner une leçon. Malheureusement, ils ne donneront pas une leçon à Ryanair mais aux passagers", explique-t-il. "La nuit dernière, nous avons écrit aux syndicats pour proposer une séance intensive de négociations. Nous avons également été en contact avec tout notre personnel de cabine en Belgique, et c'est clair qu'ils ne veulent pas partir en grève. Leur priorité c'est avoir une nouvelle convention collective de travail."

Eddie Wilson assure avoir présenté plusieurs options aux représentants des travailleurs, notamment la prolongation temporaire de la convention actuelle. Cette grève ne permettra cependant pas de faire avancer les négociations, ajoute-t-il. "Ce n'est pas comme si on avait atteint un point de rupture. Alors que nous nous remettons seulement de la crise du Covid, partir en grève quand les négociations ne sont pas épuisées c'est totalement irresponsable. Ça rend simplement la Belgique moins attractive pour Ryanair en termes d'investissements."

Le CEO propose d'engager une nouvelle période intensive de négociations pour aboutir à une proposition de convention dans les 15 jours et de faire appel à un médiateur afin d'éviter la grève.

Le transporteur emploie environ 650 personnes en Belgique mais n'y dispose pas d'un département RH, avait dénoncé la CNE la semaine dernière. "Ryanair reconnaît qu'elle est soumise à la législation belge mais refuse d'investir dans une politique du personnel. Les fiches de salaire sont erronées, les salaires ne sont pas payés correctement, les documents sociaux ne sont pas en ordre, etc. Cela crée une source permanente de problèmes pour le personnel en Belgique", avait déploré Didier Lebbe, secrétaire permanent du syndicat chrétien.