Belgique Un projet mené par le VDAB au nord du pays suscite l’intérêt du nouveau ministre wallon de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet (MR).

"Cette initiative s’inscrit comme un moyen supplémentaire de soutenir, suivre et guider les demandeurs d’emploi dans leur parcours d’insertion, et en cela, je l’estime intéressante. Ce système devrait permettre de repérer les demandeurs d’emploi qui ciblent mal leurs recherches et de les réorienter le plus rapidement possible vers des emplois plus adaptés. De très nombreux demandeurs d’emploi ont du mal à se positionner sur le marché et à identifier les métiers ou les emplois qui leur conviendraient", explique le nouveau ministre wallon de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet (MR), au sujet de la volonté affichée par l’office flamand de l’emploi, le VDAB, de surveiller les offres d’emploi que les chômeurs consultent sur son site Internet afin de contrôler si ceux-ci cherchent réellement du travail.

Sur quelles offres d’emploi cliquent les chercheurs d’emploi, à quelle fréquence et à quel moment de la journée ou de la semaine : un contrôle d’un type nouveau que le VDAB souhaiterait à terme mettre en place. Qui serait jugé trop inactif serait alors convoqué pour un entretien, voire sanctionné dans un second temps. C’est ce que dévoilait la presse flamande, ajoutant que le projet avait le soutien du ministre flamand de l’Emploi Philippe Muyters (N-VA). Le nationaliste avait d’ailleurs demandé plus de sévérité de la part du VDAB vis-à-vis des demandeurs d’emploi.

Si la mise en place d’un tel système n’est pas à l’ordre du jour en Wallonie, le Forem n’en ayant de toute façon pas les capacités techniques, Pierre-Yves Jeholet ne cache pas son intérêt pour le procédé. "Je suis favorable à toute mesure visant à soutenir davantage les demandeurs d’emploi dans leurs démarches de recherche d’emploi et également à soulager les employeurs qui, aujourd’hui, reçoivent un nombre très important de candidatures inadaptées. Cela génère un coût de gestion important, dont les employeurs se passeraient bien", explique le libéral. "Si les demandeurs d’emploi ne sont pas rapidement pris en charge en vue d’une réorientation ou formation, ils risquent de s’enliser dans le chômage et de se décourager", précise-t-il encore.

Du côté de la Région bruxelloise, le ministre de l’Emploi Didier Gosuin (Défi) ne partage en tout cas aucunement l’intérêt de Pierre-Yves Jeholet pour le projet flamand. Tant qu’il est ministre de tutelle, jamais Actiris ne procédera à un tel système de contrôle. "Mais dans quel monde vivons-nous ? Je respecte tout d’abord la législation européenne sur le respect de la vie privée. Ensuite, tout le monde n’a pas accès de la même manière à Internet. La fracture numérique, cela existe ! Et enfin, ce n’est pas un système objectif. Il me semble facile de le contourner", insiste l’élu Défi.