Les objectifs climatiques sont sans doute atteints grâce au virus, pas aux choix politiques.

La Flandre atteindra vraisemblablement ses objectifs climatiques 2020 à la faveur de la crise liée au coronavirus et non grâce à une politique ambitieuse", a déploré, jeudi, l’organisation Bond Beter Leefmilieu (BBL) sur la base de nouvelles projections.

Moins de 40 millions de tonnes

Selon l’organisation flamande, les émissions de gaz à effet de serre des secteurs non industriels (comme le transport, le logement, l’agriculture, etc.) pourraient baisser jusqu’à 39,4 millions de tonnes en 2020, une diminution de 10 % par rapport à 2018, dernière année pour laquelle des chiffres sont disponibles.

Les émissions du nord du pays resteraient donc inférieures au seuil des 40,1 millions de tonnes sur lequel se sont accordées les entités fédérées dans le cadre de la répartition des charges pour atteindre les objectifs climatiques européens 2020.

Pour parvenir à ces chiffres, BBL se fonde, entre autres, sur les estimations du cabinet de consultance Sia Partners, qui table sur une baisse de plus de la moitié de la consommation du diesel et de 80 % de l’essence pendant le confinement.

Hiver doux, voitures au garage

L’organisation tient également compte de l’hiver clément qui a diminué d’environ 10 % les besoins en chauffage par rapport à 2018.

"La bonne nouvelle, c’est que les émissions flamandes ont fortement baissé ces derniers mois. La mauvaise, c’est que ces résultats ne sont pas l’œuvre d’une politique ambitieuse, mais les effets de la crise due au coronavirus. Nous atteindrons les objectifs 2020 car nous sommes confinés et nous nous déplaçons moins en voiture. Mais il est évident que ceci n’est pas une solution structurelle pour l’avenir", souligne BBL.

Pour l’organisation, le gouvernement flamand doit garder les objectifs 2030 en ligne de mire et privilégier les investissements dans la rénovation énergétique, l’infrastructure cyclable et les véhicules électriques, notamment.