Seules 43 personnes se sont inscrites à la formation donnée à l’UCL.

La formation en Didactique du cours de religion islamique, donnée à l’Université catholique de Louvain (en partenariat avec l’Exécutif des musulmans de Belgique) depuis février dernier est encore loin d’attirer les foules.

L’université a enregistré à peine 43 inscriptions pour cette année académique. Une situation préoccupante quand on sait que l’obtention de ce certificat est obligatoire pour les enseignants qui veulent enseigner la religion musulmane dans les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).

"C’est vrai que le nombre d’inscrits est très bas, surtout quand on connaît les besoins en professeurs de religion musulmane dans les écoles, en particulier à Bruxelles. Mais les enseignants ont trois ans pour pouvoir se mettre à jour. Nous risquons donc d’avoir une grosse augmentation du nombre d’étudiants dans les années à venir", explique Louis-Léon Christians, qui s’occupe de la formation à l’UCL.

La situation est d’autant plus surprenante quand on sait qu’il y a six mois, au moment de l’ouverture de la formation (qui dure deux ans), ils étaient "une soixantaine" à s’être inscrits. Une quinzaine d’entre eux sont donc partis sans obtenir le certificat. "Ils ont arrêté après la mise en place de la Réforme des titres et fonctions qui les obligeait à détenir un titre pédagogique pour pouvoir suivre nos cours…", déplore M. Christians.

Concernant l’objectif de la formation en elle-même, elle se donne la mission de "former de façon universitaire ces professeurs de religion musulmane dont l’apprentissage avait parfois été lacunaire. Ils suivent alors, en compagnie d’étudiants d’autres filières, de cours de droit, de didactique, de philosophie…"

Les cours sont donnés en moyenne un jour par semaine pendant quatre semestres. Le tout est sanctionné par des examens classiques dont la réussite donne le droit au certificat.

Cette certification avait été mise en place à la demande du ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS). L’idée était alors, à l’aide de différentes mesures, de créer un véritable "islam de Belgique".

Parmi les autres propositions figuraient des cours de langues pour les imans reconnus, d’une émission concédée à l’islam sur la RTBF ou encore d’un "quota" de femmes dans les comités de gestion des mosquées.