Au cours des dernières décennies, la population de ces crabes en Belgique a connu une augmentation sans précédent. La Vlaamse Milieumaatschappij en capture des centaines de milliers chaque année. "Si le crabe se porte si bien, c'est parce qu'il s'adapte bien aux conditions de nos rivières", explique le professeur Jonas Schoelynck.

"Les crabes de nos rivières diffèrent des versions chinoise et japonaise", expliquent les chercheurs. "Cela indique que nous avons affaire à un spécimen hybride, un mélange des deux espèces." Un tel hybride apparaît lorsque des parents d'espèces très proches ont une progéniture fertile, comme un âne et un cheval qui donnent naissance à une mule.

Les chercheurs pensent que l'ADN japonais confère aux crabes une plus grande résistance dans leur nouvelle région d'origine, car la part de ces hybrides dans la population a augmenté au cours des deux dernières décennies. Cet ADN japonais que l'on trouve maintenant en Flandre semble également n'exister que dans l'est de la Russie.

Toutefois, cette "évolution" n'est pas une bonne nouvelle. La présence massive de crabes entraîne la disparition des plantes aquatiques. Non seulement cela élimine la nourriture et l'habitat d'autres animaux, mais cela accélère également le déversement de l'eau dans la mer. Cela provoque à son tour davantage de sécheresse ou d'inondations.