Albert II met l'accent sur les valeurs familiales et l'entente entre les peuples/b>

BRUXELLES Voici le discours de Noël prononcé par le Roi Albert II:

Mesdames, Messieurs,
La Reine et moi et toute notre famille souhaitons à chacun d'entre vous une joyeuse fête de Noël et une très heureuse nouvelle année.
Une enquête récente réalisée auprès des Belges, mais aussi auprès d'autres citoyens européens, montre que la famille est et reste pour eux la principale valeur. 96%de nos compatriotes la placent au tout premier rang des domaines qui sont importants dans leur vie. Elle est le lieu privilégié de leur épanouissement.
En cette période de l'année chacun a des attentions spéciales pour les autres membres de sa famille. Mais cette générosité ne peut pas se limiter au cercle de nos proches. Pensons également à ceux et à celles autour de nous qui sont privés de ces liens familiaux, et qui vivent dans un isolement souvent dur à porter. Evitons le repli sur soi qui conduit trop facilement à l'individualisme, une tendance et un danger bien réels que l'enquête dont je vous parlais met clairement en lumière.
Le temps de Noël nous incite à réfléchir plus particulièrement à la paix dans le monde. Aussi, je voudrais partager avec vous quelques réflexions à la suite d'une récente visite à nos Forces Armées au Kosovo, et dans l'ex-République yougoslave de Macédoine.
Tout d'abord, je voudrais dire à nos militaires qui passent cette fête de Noël là-bas, loin de leur foyer, que nos pensées chaleureuses vont vers eux et vers leurs courageuses familles. Nous sommes fiers du travail qu'ils accomplissent dans des conditions parfois très difficiles et dangereuses, pour que la paix règne dans cette région troublée d'Europe. Ils contribuent à cette paix non seulement par leur présence armée, mais aussi en travaillant à des projets de développement et en nouant ainsi des liens avec la population civile.
Je m'en suis bien rendu compte sur place. J'aimerais associer à cet hommage, tous ceux et toutes celles qui, par le passé, ont déjà participé à de telles missions au Kosovo, en Bosnie, en Slavonie Orientale en Afrique ou ailleurs dans le monde. Je pense aussi aux compatriotes qui exercent au Kosovo des responsabilités civiles dans le cadre des Nations Unies, de l'Union européenne, de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, ou au sein d'organisations non gouvernementales. Ils font là-bas un travail formidable et je les en remercie.
J'ai également pu constater avec intérêt que la communauté internationale a confié à l'Eurocorps, cet embryon d'armée européenne, des responsabilités importantes. Durant six mois il a assuré avec succès la conduite effective de la force de paix multinationale au Kosovo. C'est ainsi que se construit sur le terrain, l'Europe de la défense, et il est heureux que notre pays y participe activement.
Une autre observation. Quand on parcourt ces régions des Balkans on est horrifié par les ravages causés encore à notre époque et sur notre continent par le nationalisme extrême, et par la xénophobie.
Cela nous incite vraiment à rester attentifs à toute forme de racisme ou d'exaltation démesurée de l'identité propre. Souvenons-nous des leçons du passé et n'oublions pas celles des Balkans d'aujourdhui.
Une dernière réflexion. En allant voir nos troupes, je me suis arrêté dans l'ex-République yougoslave de Macédoine et j'y ai rencontré le Président de ce pays. En préparant ce contact j'ai eu l'occasion de lire son discours d'inauguration. Je voudrais vous en citer un extrait qui m'a frappé :
la chose la plus importante n'est pas la richesse que nous aurons acquise au cours de notre vie. L'homme ne peut trouver son épanouissement dans les choses matérielles qu'il accumule. Ce vers quoi nous devons nous tourner, c'est l'amour les uns pour les autres, l'amour de nos enfants, de nos concitoyens et de nos voisins. C'est cela qui est le plus important dans la vie.. Fin de citation. Cette réflexion me semble valable pour tout pays, y compris le nôtre.