La deuxième vague est plus grave que la première vécue au printemps dernier. Les chiffres sont déjà là pour le prouver, répond Philippe Devos, chef des soins intensifs au CHC de Liège. Pas question pour autant de viser la mortalité zéro pour le spécialiste qui estime néanmoins qu’en agissant lentement, on ne fait qu’agrandir la taille de la deuxième vague. "Plus elle sera forte et haute, plus on mettra de temps à descendre. Je peux comprendre que les politiques aient voulu gagner du temps pour l’économie maintenant mais c’est un temps qu’on risque de perdre par la suite. Ils ont tenté cette fois de gratter la marge qu’on avait pu s’offrir lors de la première vague, en grattant quelques jours jusqu’à l’os mais attention à ne pas toucher cet os et à le fracturer. Il faut être certain de son coup avec ce genre d’opération délicate."

Si confinement il y a ce week-end, pour le docteur Devos, il doit pouvoir être strict et s’inscrire dans la durée, histoire d’éviter une troisième vague. "Agir de manière lente, c’est plus douloureux que donner un coup sec mais efficace à ce virus qui ne va pas disparaître pour autant mais qu’on pourra ainsi endormir plus longuement", termine l’expert avant de préciser que le virus n’est ni plus méchant ni plus gentil qu’au printemps. "Ce sont les mesures prises qui jouent sur la gravité de la situation, pas la mutation du virus."