Sur proposition du ministre-Président, Pierre-Yves Jeholet (MR) et du ministre de la Fonction publique en charge de l’Informatique, Frédéric Daerden (PS), le gouvernement a décidé de débloquer 5 millions d’euros supplémentaires pour faire passer le budget de la stratégie numérique de 20 à 25 millions d’euros. 

Un montant de 10 millions d’euros sur ces 25 millions sera consacré, en urgence, à l’acquisition d’ordinateurs par les écoles secondaires.

"La décision du 25 octobre dernier, de suspendre les cours en présentiel dans l’enseignement secondaire, du 27 octobre au 12 novembre au moins, impose d’accélérer les mesures", précise le gouvernement par communiqué.

Des ordinateurs pour au moins un élève du secondaire sur 20

Pour permettre aux écoles secondaires d’acquérir un stock d’ordinateurs correspondant à au moins 5% de leur population scolaire, les pouvoirs organisateurs de l’enseignement secondaire recevront une subvention qui sera calculée sur base d’un montant de 500€ par ordinateur. Concrètement, l’école comptant 1000 élèves recevra ainsi une subvention de 25.000€ qui lui permettra de constituer un stock d’ordinateurs (50 élèves, soit 5% de 1000, fois 500 euros). Libre à elle ensuite d'en disposer comme elle le souhaite (50 ordinateurs à 500€ ou 62 à 400€, etc). Selon les modalités également définies par l’école, les machines seront mises à la disposition des élèves qui n’ont pas le matériel nécessaire pour appréhender l’enseignement à distance.

Achat-location par les parents: toutes les précisions le 12 novembre

Parallèlement à cette décision, toutes les précisions concernant l'opération déjà annoncée qui devrait permettre aux parents qui le souhaitent de louer ou d'acheter un ordinateur pour les enfants scolarisés de la 3e à la 7e secondaire seront présentées le 12 novembre.

Pratiquement, la Fédération interviendra à hauteur de 75 euros par ordinateur. Les parents, eux, paieront 75 euros maximum par an, dans le cadre d'un système de leasing permettant, en fin de parcours, d'acquérir la machine. 

"La situation sanitaire et le recours à l’enseignement à distance nous obligent à accélérer fortement le tempo. Avec ces décisions, ce seront plus de 20.000 ordinateurs qui pourront être acquis, en urgence", explique le ministre-Président Pierre-Yves Jeholet (MR).

"Nous dégageons des moyens budgétaires importants avec, en parallèle, une souplesse opérationnelle maximale pour être directement aux côtés des écoles, des enseignants, des jeunes et des parents confrontés comme jamais aux défis de l’enseignement numérique. C’est une première réponse à l’urgence pour répondre à la fracture numérique", précise le ministre de la Fonction publique en charge de l’informatique, Frédéric Daerden (PS).

"Ces achats vont prendre plusieurs mois"

Le Segec (enseignement catholique) salue l'initiative du gouvernement. "Les ministres travaillent sur la question depuis cet été, c'est vraiment une très bonne chose", estime Etienne Michel, le directeur général du réseau. "Je me réjouis vraiment de cette accélération de la politique de numérisation des écoles."

Il relativise néanmoins: "Tant pour le volet concernant les écoles que pour celui qui implique les parents, les procédures vont prendre des semaines. Ces achats vont prendre plusieurs mois. Les écoles sont soumises aux marchés publics. Même si, comme au Segec, nous les avons anticipés, il faudra du temps pour tout concrétiser." Concernant les locations-achats qui impliquent les parents, cela pourrait être encore plus long. "Là, il faut élaborer des contrats-cadres qui lient parents, écoles et fournisseurs", explique Etienne Michel.  Et de conclure: "La seule option pour aller très vite aurait été de laisser les parents faire eux-mêmes leur achat et les rembourser en partie, ce qui coûterait beaucoup plus cher à ceux-ci et n'a pas été retenu."