Cet été, les pays de l'Union européenne ont convenu de se répartir 337 milliards d'euros de subventions et 385 milliards d'euros de prêts pour favoriser la relance post-coronavirus des économies nationales. La Belgique bénéficiera de 5,95 milliards.

Le 11 janvier, les gouvernements fédéral, des Régions et des Communautés se sont mis d'accord sur une répartition des moyens entre les entités. Chacune d'elles a finalisé la première version de son plan. Le fédéral a remis son devoir vendredi. Quatre domaines sont mis en avant: l'énergie durable et la mobilité, la digitalisation, la recherche et l'innovation, et la cohésion sociale. Environ 50% profite à la transition écologique et 20% à la numérisation, soit plus que ce que recommandait la Commission européene (respectivement 37% et 20%).

Dans le premier domaine, on retiendra notamment l'aménagement d'une île énergétique en mer du Nord pour déployer une deuxième zone éolienne offshore, préparer les interconnexions avec d'autres pays et permettre le stockage de l'énergie pour un montant de 100 millions d'euros. Afin de réduire les émissions de CO2 dans des secteurs tels que l'affinage, l'acier ou la chimie, et favoriser le transport d'hydrogène, 95 millions seront investis.

En matière de mobilité, 365 millions d'euros seront investis dans le rail, notamment pour le fret à Anvers et dans la modernisation de la ligne Bruxelles-Luxembourg.

Un incitant fiscal à l'installation de bornes de recharge électriques accessibles au public sera prévu pour initier l'électrification du parc automobile d'un montant de 32 millions.

Le gouvernement compte par ailleurs allouer 170 millions à la rénovation des bâtiments publics pour lesquels les besoins sont les plus urgents, notamment les musées du Cinquantenaire et le Palais de Justice de Bruxelles. En parallèle, une stratégie sera poursuivie pour atteindre la neutralité énergétique pour l'ensemble des bâtiments fédéraux en 2040 en s'appuyant notamment sur des contrats de performance énergétique.

Le gouvernement compte investir 100 millions d'euros dans des "campus militaires ouverts" qui permettront d'offrir des opportunités d'emploi aux jeunes en collaborant avec les entreprises locales et les établissements d'enseignement pour favoriser le partage de connaissance et de technologies.

L'innovation et la recherche recevront 165 millions d'euros. Il s'agira notamment de soutenir la recherche nucléaire dans le traitement du cancer et la production d'isotopes plus durables. Pour lutter contre le trafic de drogue dans le port d'Anvers, 70 millions d'euros sont prévus. Des moyens iront également à la recherche dans le domaine du climat et l'aéronautique verte et la minimisation des déchets radioactifs dans la perspective du démantèlement des centrales nucléaires.

Dans le cadre de la digitalisation, 380 millions seront alloués à l'amplification de la numérisation des services publics, en particulier dans la justice et dans la sécurité sociale, et à la cybersécurité.

En matière de cohésion sociale, l'accent sera mis sur la réduction de la fracture numérique, l'e-santé et la lutte contre la récidive.

"Ce plan garantit également le début d'une transition écologique puisque plus de la moitié des investissements sont directement consacrés à la réalisation de la neutralité climatique d'ici 2050", a souligné M. De Croo (Open Vld).

"Le plan est également ambitieux en termes de digitalisation puisqu'un quart des investissements sont destinés à assurer la transition numérique. En ce sens, ce plan fédéral belge est plus vert et plus digital qu'attendu par l'Europe et permet d'engager notre pays vers une transition digitale et écologique", dit M. Dermine (PS).

Du côté des écologistes, on s'est aussi réjoui de l'aboutissement de cette première phase du processus. "C'est une nouvelle étape dans le renforcement de notre réseau ferroviaire, comme colonne vertébrale de la mobilité de demain. Nous ne sommes évidemment pas au bout de nos efforts tant les enjeux sont importants mais il s'agit d'un signal essentiel qui permettra à la SNCB et Infrabel de programmer des investissements stratégiques dans les prochaines années", a dit le ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet.