On l’attendait depuis longtemps, il est enfin là ! Le casting du gouvernement De Croo a été dévoilé jeudi matin et les nouveaux ministres ont prêté serment dans la foulée. Sans surprise, Alexander De Croo a donc été nommé Premier ministre avec à ses côtés neuf autres ministres masculins et dix ministres femmes, ce qui fait de ce nouveau gouvernement le premier gouvernement fédéral paritaire de l’histoire de la Belgique. Du moins d’un point de vue purement arithmétique. "On nous avait annoncé un gouvernement paritaire. On constate qu’il y a en effet dix hommes et dix femmes. On aurait pu penser qu’on allait nous gruger mais le compte est bon. Si on regarde le conseil des ministres, on voit qu’il y a même plus de femmes que d’hommes. Mais quand on regarde la photo prise jeudi avec le Roi, on voit qu’il y a surtout des hommes au premier plan", observe Jean Faniel, directeur général du CRISP.

"Si on a effectivement une parité en apparence, quand on regarde dans le détail, on se rend compte qu’il n’y a que deux femmes pour six hommes dans le Kern (NdlR : Sophie Wilmès et Petra De Sutter respectivement MR et Groen), qui rassemble les ministres les plus importants du gouvernement. On voit par exemple que Georges Gilkinet, qui est ministre de la Mobilité a été nommé vice-Premier ministre. La mobilité est-elle vraiment une compétence plus importante que le Climat, qui a été confié à Zakia Khattabi ? À part pour Ludivine Dedonder, qui a été nommée ministre de la Défense, on a l’impression que les postes les plus importants ont été confiés à des hommes", complète Caroline Sägesser, chargée de recherches au sein du secteur sociopolitique du CRISP.

Outre sa dimension paritaire, le casting ministériel se démarque aussi par sa jeunesse. Avec une moyenne d’âge de 42 ans, il s’agit en effet du gouvernement fédéral le plus jeune de notre histoire. "À part Franck Vandenbroucke, la moyenne est très basse. Sammy Mahdi (CD&V) n’a que 32 ans, Sarah Schlitz (Ecolo) 33 et Thomas Dermine (PS) 34. On a donc un petit contingent de trentenaires. C’est assez cohérent avec la déclaration d’Alexander De Croo qui a indiqué sa volonté de faire de la politique autrement, avec de nouveaux profils", souligne la chargée de recherches.