Plusieurs rapports pessimistes se sont succédé sur la situation budgétaire de la Belgique. Le Fonds monétaire international a prédit un déficit supérieur à 5% en 2027 tandis que le Conseil supérieur des Finances recommande de réduire le déficit public de 0,6% chaque année à partir de 2023.

"Aurez-vous le courage de dire à la jeune génération qu'elle devra payer la facture de votre politique populiste", a lancé le chef de groupe N-VA, Peter De Roover tandis que le Vlaams Belang accusait le gouvernement de transporter "la Grèce à la hauteur de la Mer du nord".

Le chef du gouvernement a rappelé le contexte dans lequel le gouvernement a dû évoluer depuis qu'il a été mis sur pied: crise sanitaire, crise énergétique, guerre en Ukraine qui ont engendré de nombreuses dépenses et mené à une baisse de la croissance attendue ainsi qu'à une inflation inédite depuis plusieurs décennies. Diverses mesures ont été prises pour soutenir les entreprises et les ménages mais aussi augmenter le budget militaire, souvent réclamées dans l'opposition. "Quels choix auriez-vous fait et quelles personnes n'auriez-vous pas aidé dans un moment aussi difficile?" a demandé M. De Croo à l'opposition de droite.

Vendredi, des actions seront menées en faveur du pouvoir d'achat et pour protester contre la loi de 1996 telle qu'elle a été réformée par le gouvernement Michel et qui, selon les syndicats, bloque les salaires. Le PTB, Ecolo et le PS ont à leur tour interpellé le Premier ministre. Ils demandent de nouvelles mesures. Dans la majorité, Cécile Cornet (Ecolo-Groen) a mis en avant l'inquiétude croissante dans la population de ne pouvoir joindre les deux bouts tandis que Sophie Thémont (PS) assurait que, "devant les prix qui s'envolent", les citoyens se demandaient "comment boucler leur fin de mois".

"Cette séquence de crise est très douloureuse pour nos concitoyens et les opérateurs économiques, et ce gouvernement partage toutes les préoccupations à l'égard du pouvoir d'achat", a affirmé M. De Croo.

Au PTB qui l'accusait de n'avoir rien fait à cause de la loi de 1996, le Premier ministre a rappelé que l'indexation des salaires avait représenté pas moins de 17 milliards d'euros de masse salariale, "qui doivent être payés par les entreprises qui font du profit mais aussi celles qui étaient en difficultés" et taxé au passage les communistes de "malhonnêteté intellectuelle".

"On est dans une situation assez complexe où l'on doit garder un équilibre entre le pouvoir d'achat et la compétitivité des entreprises", a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement a appelé les partenaires sociaux à "se mettre ensemble pour trouver des solutions équilibrées" et non pour "tirer chacun de leur côté". Mais, ni à l'adresse de la gauche, ni à l'adresse de la droite, il n'a annoncé de nouvelles mesures.