Le taux de satisfaction envers le gouvernement De Croo atteint 50 % au total. "On observe qu’il n’y a pas une hostilité absolument marquée à l’égard du gouvernement De Croo. L’opinion est relativement partagée. D’autant que cette satisfaction peut être largement liée au domaine dans lequel on se situe. Si vous êtes indépendants, dans l’Horeca ou la culture, les mesures du gouvernement peuvent être vécues durement ", décrypte Pascal Delwit. "De manière générale, tout nouvel exécutif bénéficie d’un effet lune de miel. Les nouveaux gouvernements sont généralement mieux notés juste après leur formation que par la suite. On l’estime à 100 jours à 6 mois. Tout nouveau gouvernement a une reconnaissance, un effet de nouveauté, même de la part de certains électeurs qui n’ont pas voté pour eux et lui disent ‘montrez-nous de quoi vous êtes capable.’"

Le gouvernement se situe encore dans cette phase. "Mais cela vaut en temps normal et nous ne sommes pas en temps normal. En termes d’intentions de vote, l’effet lune de miel n’est pas majeur, il l’est sur les effets de notoriété de personnes comme Alexander De Croo et Frank Vandenbroucke. La question est de savoir si cela va perdurer."

La proportion est la même à Bruxelles (49 %) et en Wallonie (50 %). Il est le plus faible chez les 18-34 ans (42 %), pour 46 % chez les 35-54 ans et de 57 % chez les plus de 55 ans. Le gouvernement Vivaldi obtient donc un bien meilleur score chez les plus âgés, tandis qu’il peine à séduire les plus jeunes. Les moins de 34 ans, en effet, constituent une population moins à risques, mais sont fortement impactés par les mesures sanitaires et les restrictions sociales et professionnelles.

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Par ailleurs, à la question "Par rapport à avant la crise, avez-vous le sentiment que vous avez une meilleure opinion de nos représentants politiques ?" , seuls 27 % répondent par un "probablement" ou un "certainement" . tandis que 61 % répondent "certainement pas ou probablement pas" . "L’idée qui ressort n’est pas que la situation a été mal gérée mais cela n’a pas été un moment de rencontre entre l’opinion publique et le milieu politique. On peut retenir tout de même la première conférence de presse où Sophie Wilmès reprend les choses en main, vécue comme empathique. En dehors de ça, l’opinion n’a pas considéré qu’en dépit des difficultés, les choses ont été gérées le mieux possible", conclut le politologue à l’ULB. "Mais à nouveau, la situation des personnes interrogées, qui vivent durement la situation, affecte la réponse."