La crise sanitaire a profondément chamboulé la vie des Belges. Depuis mars dernier, tous les aspects de la vie privée comme professionnelle ont un arrière-goût de gel hydroalcoolique : les mains doivent être lavées beaucoup plus souvent, les relations sociales ont lieu à distance, les modes de déplacement ont changé, le télétravail a fait place au travail en open space et la vie familiale et conjugale en payent le prix… Certaines pratiques qui semblaient tout à fait naturelles, comme se faire la bise ou se serrer la main pour se saluer ont été éradiquées. Faut-il s’attendre à ce que ces changements perdurent après la crise ? C’est ce que semble indiquer notre sondage.

Un peu moins de la moitié des Belges (42 %) affirment en effet qu’ils continueront à se laver les mains plus régulièrement après la crise.

Un Belge sur quatre affirme également qu’il continuera à éviter les endroits fortement fréquentés une fois le virus loin derrière nous. Les gestes barrières semblent être eux aussi rentrés dans les habitudes d’une importante partie de la population : plus d’un quart des sondés estiment qu’ils continueront à les appliquer à l’avenir.

La crise du coronavirus pourrait également avoir un impact durable sur nos modes de consommation et sur notre alimentation. 23 % des Belges indiquent en effet qu’ils continueront à faire davantage attention à leur alimentation après la crise et près d’un Belge sur dix compte continuer à limiter sa consommation de tabac et d’alcool.

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Pratiquer davantage de sport et passer plus de temps en famille font également partie des habitudes que beaucoup de Belges souhaitent faire perdurer. Mais entre ce que la population déclare aujourd’hui et la réalité, il pourrait y avoir un fossé important.

"Il est difficile de prédire l’avenir mais on peut s’attendre à un effet cyclique : si l’épidémie devient un mauvais souvenir, les gens vont arrêter de se laver les mains aussi souvent. Mais si la crainte d’une épidémie reste présente dans le discours médiatique, les gens vont continuer à essayer de se protéger. Cela va aussi dépendre de la personnalité des gens. Certaines personnes auront développé une véritable crainte de la pandémie et n’auront pas envie de recommencer à faire la bise par exemple. Mais je pense qu’à part chez les personnes particulièrement anxieuses, on va retrouver progressivement les mêmes normes qu’avant la crise", estime Olivier Klein, professeur de psychologie sociale et membre du groupe d’experts psychologie et corona.