Depuis le début de la crise Covid, le citoyen doit composer avec un flot de consignes, d’interdits et d’autorisations vastes, parfois annoncés dans la précipitation. Le second volet de notre baromètre La Dernière Heure/Les Sports-La Libre, L’Avenir- Dedicated s’est intéressé aux "Belges et la gestion de la crise par le politique". Les sondés ont évalué la qualité de communication des différents acteurs avec une note de 1 à 10.

Les experts obtiennent le plus haut score, avec une moyenne de 40 %, loin devant les politiques : la collaboration entre les deux a souvent été houleuse. Le Premier ministre Alexander De Croo arrive avec plusieurs encablures de retard au score de 31 %. Quant aux porte-parole mandatés par le gouvernement pour informer la population au quotidien, tels qu’Yves Van Laethem et Steven Van Gucht, et avant eux, Emmanuel André, leur score n’atteint que 24 %.

Le reste du gouvernement fédéral, en dehors du Premier ministre, n’atteint que 17 %. Enfin, les gouvernements régionaux (Wallonie, Bruxelles et Flandre) ferment la marche avec à peine 14 %…

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"Il y a un effet de visibilité médiatique. Les experts scientifiques sont au cœur de la crise depuis très longtemps, comme Marc Van Ranst, Emmanuel André, Marius Gilbert, etc. Ils sont très exposés médiatiquement, très souvent invités aux JT, dans la presse écrite. En plus, ils sont dans une situation où ils n’ont pas à rendre de comptes sur les choix des mesures qui sont prises. C’est le monde politique qui est redevable des mesures qui sont prises et doit s’en expliquer devant le citoyen. C’est toujours un peu moins fort que des gens qui conseillent ou expliquent", analyse Pascal Delwit, politologue à l’ULB. "En ce qui concerne le score d’Alexander De Croo, c’est comme pour Sophie Wilmès : il est le coordinateur du tout, l’acteur principal des conférences de presse. Pour le reste du gouvernement fédéral, il me paraît normal qu’ils obtiennent un score moindre, car c’est quelque chose de moins incarné pour le citoyen sondé. Même s’il y a eu des différences, comme le couvre-feu imposé à minuit par le gouvernement flamand et 22 h à Bruxelles et en Wallonie, la majorité des sondés voient l’action du gouvernement fédéral au cœur, par rapport aux gouvernements Di Rupo ou Vervoort. On est davantage dans un effet de visibilité ou de notoriété, que d’appréciation de l’action publique."

À la question sur la crédibilité et légitimité des différents acteurs politiques, les sondés confèrent une note relativement similaire : 42 % pour les experts scientifiques, 29 % au Premier ministre, 21 % aux porte-parole (Van Laethem et Cie), 19 % au gouvernement fédéral et 15 % aux gouvernements régionaux. "Il est logique que le niveau de crédibilité des experts soit plus élevé. Ils maîtrisent en principe mieux la question ", conclut Pascal Delwit.