Ce mardi matin, le Kern s'est réuni avec les chefs de la Défense et du renseignement militaire. Le but était d'évoquer le soutien de la Belgique à l'Ukraine.

Tout d'abord, le Premier ministre belge a voulu revenir sur les événements qui se sont déroulés en Ukraine. "Nous avons dû voir des images déchirantes de destruction d'un pays, de violence complètement aveugle contre un pays innocent, libre et dont la trajectoire est démocratique. C'est une situation qui doit cesser au plus vite. Nous devrons alors collaborer avec l'Ukraine en fonction d'objectifs. Nous devons saisir cette main tendue de l'Ukraine, mais si on veut le faire rapidement, il faut trouver une autre forme de partenariat. Dans notre pays, nous avons vu énormément de solidarité par rapport à ce qu'il se passe en Ukraine. C'était vraiment impressionnant", a lancé Alexander De Croo en début de conférence de presse.

"Merci aux Belges pour la solidarité"

Avant de poursuivre: "En l'espace de quelques jours, l'Europe a montré son côté "smart power" et son côté "hard power". Beaucoup de choses ont été mises en oeuvre. Il y a eu un paquet de sanctions inédites, des sanctions financières qui vont très loin et des sanctions contre Vladimir Poutine. (...) Je voudrais remercier les Belges pour la solidarité que j'ai vue dans notre pays. Chaque jour, plus de 400.000 Ukrainiens quittent leur maison et je vois beaucoup de gens qui s'engagent dans notre pays et qui sont près à accueillir des Ukrainiens. Je suis extrêmement content de voir que beaucoup de gens qui montrent beaucoup de solidarité à une population innocente".

Le Premier belge a également évoqué la possibilité pour l'Ukraine de rejoindre l'UE. "C'est un processus qui prend de nombreuses années et nécessite des réformes très importantes". Une nouvelle forme de partenariat, qui permettrait de saisir plus vite une main tendue, serait donc indiquée à ses yeux, que ce soit pour l'Ukraine ou d'autres pays". 

Ensuite, Sophie Wilmès a pris la parole. "Nous avons placé des équipes aux points frontières en Roumanie, en Pologne, en Slovaquie, en Moldavie. Elles sont disponibles et opérationnelles pour aider nos compatriotes. Nous avons un centre de crise, pleinement actif, qui reste disponible pour aider les Belges qui en ont besoin", commente la ministre des Affaires étrangères.

"Nous nous devons de mesurer nos attentes"

Cette dernière a également fait le point sur la situation en Ukraine: "On comptabilise 294 personnes sous notre responsabilité, à savoir 232 Belges, leurs familles proches (44) et des citoyens luxembourgeois (18). Ces chiffres sont en constante évolution en fonction des Belges qui quittent et en fonction de ceux qui continuent à se faire connaitre. Nous maintenons le plus possible le contact avec eux. Toutes les situations individuelles sont différentes. Toutes les personnes qui sont encore sur place sont d'ailleurs invitées à venir faire le point et s'informer en conséquence. Et si elles peuvent le faire dans des situations suffisamment sécurisées, nous leur demandons de quitter le territoire", a insisté la ministre libérale, qui a précisé qu'une mission de rapatriement n'était pas possible vu que les combats font rage et que l'espace aérien est fermé.

Sophie Wilmès a également fait le point sur les discussions diplomatiques qui ont eu lieu ce lundi soir entre l'Ukraine et la Russie. "C'est un signal qui peut être perçu positivement mais vu les circonstances actuelles, nous nous devons de mesurer nos attentes".

"Nous avons adopté dimanche un troisième paquet de sanctions pour maintenir la pression sur Moscou de manière importante, mais aussi de témoigner de notre grande solidarité envers l'Ukraine pour leur permettre de pouvoir riposter face à l'agresseur. Nous avons l'intention de continuer cette politique d'isolement de la Russie, que ce soit aux Nations Unies ou au conseil des Droits de l'homme à Genève. Nous allons demander à la Russie de cesser de prendre les armes et de se retirer", a encore poursuivi la ministre des Affaires étrangères.

En matière de sport, la Russie a été récemment écartée de plusieurs compétitions majeures. "Ces sanctions, mises bout à bout, participent à l'effort de pression et à l'effort d'isolement qui est souhaité vis-vis de la Russie", a commenté Sophie Wilmès.

La bonne réputation des Belges

Après la ministre des Affaires étrangère, c'est Ludivine Dedonder, ministre de la Défense, qui a pris la parole. Elle a d'abord évoqué le renforcement de l'Otan sur sa présence aux frontières des territoires de l'alliance pour dissuader la Russie de continuer son invasion en Ukraine. "Ce moment est un moment géopolitique majeur. A cette occasion, je souhaite remercier tous les membres et le personnel de la Défense qui, conformément à leurs devoir, ont répondu présent à l'appel de leur commandement. Ils font écho à la bonne réputation des Belges dans l'alliance. Un partenaire modeste par la taille mais d'une grande fiabilité".

Le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration a également fait le point sur les demandes de protection internationale en provenance d'Ukraine. En janvier, on en dénombrait 12. En février, ce chiffre est passé à 54 dont 31 les 24 et 25 février.