Le Lombard fête ses soixante ans d'existence

Belgique

Hubert Leclercq

Publié le

Le Lombard fête ses soixante ans d'existence
© D.R.
La maison d'édition, née dans l'immédiat après-guerre, a bien vieilli!

BRUXELLES À quelques pas de la gare du Midi, piqué des silhouettes de Tintin et Milou, le bâtiment des éditions du Lombard est devenu une véritable institution bruxelloise. Pourtant, comme son nom l'indique, c'est à quelques centaines de mètres de là que tout est né en 1946 par la volonté de Raymond Leblanc.

Depuis, et en dépit de la mort du magazine Tintin (1988), la maison d'édition, passée sous la bannière française, est parvenue à maintenir le cap malgré un passage particulièrement difficile au tournant des années 80/90, dans la foulée de la mort du magazine et des ratés de son successeur Hello Bédé.

«À cette époque, nous étions au bord de la faillite», explique Yves Sente, le directeur éditorial. Depuis, petit à petit, la maison s'est reconstruite par une politique éditoriale aussi prudente qu'intelligente.

Alors que la plupart des «grandes» maisons d'édition s'affrontent à coups de dizaines de nouveautés publiées par année, Le Lombard, lui, se contente d'une bonne trentaine d'albums.

Choix éditorial

«C'est un choix éditorial clair. Demain, le succès étant au rendez-vous, nous passerons à une cinquantaine de titres par année, mais pas question d'aller au-delà», poursuit le directeur. «Le Lombard, c'est une petite structure où tout le monde se connaît. Nous formons une équipe relativement stable depuis une dizaine d'années. Et je pense que la volonté d'éditer peu mais bien est le signe de ralliement de toute cette équipe.»

Et quand on l'interroge sur l'esprit Lombard, Yves Sente explique: «L'esprit d'une société, c'est évolutif, ce qui est important c'est qu'il y en ait un. Je pense pouvoir dire que nos auteurs le savent et le ressentent. Ils savent aussi que, chez nous, ils sont bien soutenus. Et ce soutien découle inévitablement du fait qu'il y a un nombre relativement restreint de nouveautés par année. On connaît nos auteurs, nos séries et nous pouvons faire des efforts lors de la mise en place en librairie.»

Malgré cette relative prudence éditoriale, Le Lombard peut se targuer de représenter 6% du marché de la bande dessinée. Un chiffre assez impressionnant qui s'explique non seulement par la qualité des nouveautés, mais aussi par le poids du fonds de l'éditeur, c'est-à-dire les albums qui ont été édités il y a plusieurs années et qui se vendent toujours bien aujourd'hui.

«Ce fonds, qui tourne bien, nous permet de prendre des risques avec certains jeunes auteurs», explique encore Yves Sente, par ailleurs scénariste de certains nouveaux Blake et Mortimer mais aussi d'un très beau récit (avec Rosinski au dessin) baptisé La vengeance du comte Skarbek.

Tout au long de son histoire, la maison qui avait fait du slogan de 7 à 77 ans son leitmotiv est parvenue à dénicher de grands auteurs. De Hergé à Cuvelier en passant par Jacobs, Van Hamme, Dany, Turk et De Groot, Mythic, Jigounov, Dufaux, Rosinski,... Une longue énumération qui représente quelque 1.500 albums publiés en 60 ans d'existence.

«On est souvent considéré comme une maison un peu à part, poursuit Yves Sente. Je suis fidèle à l'adjectif populaire. J'y tiens et ce n'est pas synonyme de ringard. On peut innover en étant populaire. Nous l'avons déjà prouvé et ce n'est pas fini...»

© La Dernière Heure 2006

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