Ce mécanisme est la contrepartie de la loi de 1996 qui modère les augmentations salariales en Belgique, a-t-il fait remarquer. Devant l'accélération de l'inflation, les fédérations patronales redoutent une augmentation trop importante des salaires dans le pays et un handicap de compétitivité des entreprises belges. Ces derniers jours, elles ont plaidé en faveur d'un gel de l'indexation ou de mécanismes permettant de la limiter, par exemple aux bas salaires.

"L'indexation automatique est le pendant de la loi de 1996 qui contrôle les augmentations salariales. Si on bouge l'indexation, on fait disparaître la loi de 1996. Il faut être juste par rapport à cela. Nous avons un système qui maintient l'équilibre, et je suis favorable à un système qui maintient l'équilibre", a expliqué M. Bouchez.

Outre des augmentations salariales trop importantes, les patrons pointent du doigt d'autres coûts en très nette hausse, comme ceux de l'énergie. Le président des libéraux francophones a plaidé à nouveau pour le maintien de centrales nucléaires au-delà de 2025 afin d'éviter de rendre la Belgique trop dépendante du prix du gaz. A ses yeux, la position d'Engie, selon laquelle le délai utile pour réaliser une prolongation de deux réacteurs est dépassé, ne doit pas constituer un obstacle. D'autres sociétés peuvent exploiter les réacteurs belges, estime-t-il.

"Il n'y a pas qu'Engie qui peut exploiter une centrale nucléaire. Je rappelle qu'en 2018, Engie avait proposé à EDF de reprendre l'exploitation de nos centrales. Comme il n'y avait pas de perspectives, cela n'avait pas été fait. Mais, si nous donnons des perspectives, il y a d'autres opérateurs possibles", a dit M. Bouchez.

Le MR ne veut plus que l'on rogne les libertés

Le MR a plaidé dimanche pour un renforcement des libertés dans la Constitution mais également dans l'appareil législatif. Aux yeux des libéraux francophones, la liberté et la vie privée ont été mises à trop rude épreuve au profit d'autres enjeux comme la lutte contre le terrorisme, la crise sanitaire ou encore la lutte contre la fraude fiscale. "Depuis 20 ans, la liberté et la vie privée sont régulièrement mises en cause pour des enjeux majeurs, considérés comme supérieurs : la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la fraude fiscale, la lutte contre les dérives financières, aujourd'hui la lutte contre un obstacle sanitaire et, demain, la lutte pour un enjeu climatique. En tant que parti libéral, nous ne pouvons pas accepter cette situation. Les libertés et les droits fondamentaux doivent rester notre boussole, le cadre majeur indépassable, quelle que soit la situation dans la société", a déclaré le président Georges-Louis Bouchez à l'occasion des voeux du parti prononcés en videoconférence.

Dans le débat institutionnel qui s'ouvre, le MR veut renforcer le Titre II de la Constitution, qui contient les droits et libertés des citoyens. Il réclame aussi une évaluation des législations dans diverses matières sur le point de la proportionnalité des mesures qu'elles contiennent. Au besoin, des lois pourraient être réformées, voire abrogées.

Le coronavirus a remis en évidence l'importance de ce thème. "Nous devons garder intacte notre volonté de reconquérir nos libertés dès que possible", a de son côté souligné la vice-Première ministre, Sophie Wilmès.

Aux yeux des libéraux, l'"obstacle" que représente le virus ne peut détourner la société des "vrais enjeux". Outre les droits et libertés, le MR a visé l'un des grands débats qui attend le gouvernement fédéral, celui de la réforme des pensions et de la pension minimale, l'un des acquis du PS durant les négociations gouvernementales. Il réclame une réduction des périodes assimilées, c'est-à-dire les périodes d'inactivité qui sont néanmoins prises en compte dans le calcul de la pension. "Il n'est pas possible pour le MR qu'une personne qui a passé toute sa vie comme demandeuse d'emploi ait une pension minimum identique à celle d'un travailleur", a averti M. Bouchez.

Le MR attend également les réformes qui seront proposées afin d'atteindre un taux d'emploi de 80% , autre domaine où un ministre socialiste est attendu. Il veut favoriser le travail de nuit et rappelle sa revendication de sanctions "plus appropriées" pour les chômeurs -les libéraux visaient notamment les secteurs en pénurie de main d'oeuvre- ou encore un meilleur contrat de gestion du Forem en Wallonie.

L'un des enjeux qui attend la Belgique est sa réindustrialisation, estime le MR. En plus de la politique d'emploi, le parti veut utiliser pour ce faire le levier fiscal. Il plaide en faveur d'une TVA sociale, soit l'affectation d'une partie de la TVA à la protection sociale comme le font l'Allemagne ou le Danemark, et le développement du travail de nuit.