Le virus Sars-CoV-2 a causé la mort de 10.064 personnes en Belgique depuis le début de la pandémie. Le nombre moyen de nouvelles infections au coronavirus s'élevait à 2.103,3 par jour entre le 25 et le 1er octobre, soit une augmentation de 32% par rapport à la période de sept jours précédente, selon les derniers chiffres de l'Institut de santé publique Sciensano.

Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral, a précisé que la stabilisation espérée la semaine dernière n'est malheureusement plus d’actualité : "Une nette augmentation du nombre de cas dans toutes les provinces et toutes les tranches d'âges" est constatée. La trajectoire belge rejoint ainsi celle de la France et des Pays-Bas.

Le groupe des 20-29 reste le plus touché, suivi par le groupe des 17-19 ans. Le nombre d'infections continue aussi d'augmenter chez les personnes les plus âgées. "Un chiffre qui nous inquiète particulièrement : chez les plus de 90 ans, le nombre de cas a augmenté de 10 fois depuis début septembre", a indiqué Yves Van Laethem, qui a ensuite détaillé la situation par régions. 

Si la hausse des contaminations concerne toute la Belgique, les provinces Wallonnes sont les plus touchées, avec une hausse de 95% dans la province de Namur et de 67% dans le Luxembourg.

La Région de Bruxelles-Capitale reste en tête du nombre de nouvelles infections, avec 466 nouveaux cas diagnostiqués par jour la semaine dernière. Les communes de Molenbeek, de Schaerbeek, d'Anderlecht et de Bruxelles-Ville sont les plus touchées. "Elles regroupent à elles seules 10% des cas répertoriés en Belgique la semaine passée", déplore l'expert. La commune d'Anvers vient ensuite, avec 294 nouveaux cas par jour, bien que la hausse reste modeste.

Situation dans les hôpitaux

Actuellement, 186 patients atteints du coronavirus se trouvent en soins intensifs, soit 38% de plus que la semaine dernière.

Le nombre de décès a aussi doublé en une semaine pour atteindre 9,4 décès par jour aujourd'hui.


Yves Van Laethem a expliqué le plan par étapes prévu actuellement dans les hôpitaux, afin d'assurer à la fois la prise en charge des patients Covid-19 et des patients autres. Pour répartir au mieux la charge de travail, le plan prévoit une solidarité entre les hôpitaux afin de répartir le nombre de patients Covid. Le plan comporte plusieurs phases, avec un certain nombre de lits en soins intensifs réservés au coronavirus, les autres étant laissés pour les soins réguliers.


Respecter les mesures

Afin d'éviter une surcharge des centres hospitaliers, il est tout d'abord important de maintenir le nombre d'infections le plus bas possible : "Nous avons tous un rôle important à jouer", a déclaré Yves Van Laethem, tout en rappelant les six règles d'or à respecter pour éviter la propagation du virus : le port du masque, la distanciation sociale, respecter les règles d'hygiène comme le lavage de mains, la limitation du nombre de contacts rapprochés...

Les experts ont fait part de leur inquiétude, l'évolution des chiffres ne va pas dans la bonne direction. "L'indifférence et le laxisme sont des partenaires très fidèles pour le virus", a ensuite martelé Benoit Ramacker du Centre de Crise National qui appelle à la vigilance. "C'est uniquement si on agit ensemble que l'on va pouvoir ralentir la propagation du virus. Nos comportements vont déterminer la courbe"


Il a également appelé la population à télécharger l'application de suivi "coronalert". "L'application est un moyen de défense supplémentaire dans la lutte contre le coronavirus", a-t-il insisté. A l'heure actuelle, 655 000 personnes ont déjà téléchargé l'application.


Vient ensuite la séance de questions-réponses avec les journalistes

Face à l’augmentation des chiffres, a-t-on manqué d'anticipation ?  "On ne peut pas dire que les mesures nécessaires ne sont pas connues et informées dans la population. Mais dire n'est pas suffisant, c'est appliquer qui est important", a répondu Yves Van Laethem.