Le 17 juillet dernier, l'exécutif régional avait fait état de recettes de 13,027 milliards, en recul de 713 millions par rapport au budget initial, et de dépenses de 16,925 milliards, en hausse de 1,134 milliard par rapport à l'initial. Le solde brut à financer, lui, atteignait 3,897 milliards, quasiment le double du solde initial.

A l'époque, le Bureau du Plan misait sur une chute du produit Intérieur Brut (PIB) de 10,6%, une estimation aujourd'hui plus optimiste puisque le Bureau ne table plus que sur une baisse du PIB de 7,4%, "ce qui pourrait avoir un effet favorable de 100 millions d'euros pour nos recettes", a expliqué lundi M. Crucke (MR) aux parlementaires régionaux.

Une embellie qui ne parvient toutefois pas à faire oublier l'impact de la crise sur le budget régional, avec des recettes sous pression et des dépenses - "nécessaires", majorité et opposition en conviennent - qui explosent, tout comme la dette qui, selon André Antoine (cdH) atteindra 16,3 milliards d'euros en 2020.

"Nous avons connu Jean-Luc Crucke le conquérant qui ne laissait rien passer en termes de budget. Puis, nous avons eu Jean-Luc Crucke le flamboyant. Ensuite, il y a eu Crucke le converti - et dans converti, il y a vert - pour qui il n'y avait pas de dépenses suffisantes pour la planète. Et aujourd'hui, nous avons le Crucke en quête d'absolution", a ironisé le député humaniste. "Il ne tient plus de propos assertifs. Il n'ets plus question que de volonté. On sent que cet homme cherche, avant qu'il ne parte (au fédéral, ndlr), une absolution. Et bien, je te pardonne mais je pardonne aussi à ceux qui t'attaqueront à l'avenir", a ajouté le député humaniste.

Plus tôt dans la journée, le cdH avait également dénoncé le "saupoudrage budgétaire" pratiqué par le gouvernement wallon alors que "quelque 300 millions d'euros sont bloqués dans des fonds dont l'utilité est floue".