La situation n’est ni dramatique, ni parfaite", a résumé Sophie Wilmès à l’issue du Conseil national de sécurité. On pourrait utiliser les mêmes termes pour qualifier les mesures prises par le CNS. Pour l’essentiel, Sophie Wilmès, Jan Jambon, Elio Di Rupo, Pierre-Yves Jeholet, Rudi Vervoort et les autres ministres présents ont adopté la posture très prudente recommandée par les experts, et les virologues en particulier. Sur le fond : l’essentiel des règles reste d’application, même si quelques assouplissements ont été annoncés.

"On peut parler d’une tendance à la stabilisation, voire à l’amélioration", a encore précisé la Première ministre quant à la situation épidémiologique, rappelant toutefois que "le virus circule toujours". À 10 jours d’une rentrée scolaire qui occasionnera "potentiellement une augmentation importante de la circulation du virus", autoriser un relâchement des mesures a été considéré comme inopportun par les experts, suivis par le CNS. En d’autres termes : ce n’est pas le moment de relâcher l’effort ou de donner un tel signal. Et tant pis si certaines règles, comme la bulle de 5, sont peu ou pas appliquées car non acceptées socialement, voire pas comprises. Les politiques, dont une grande partie souhaitait élargir cette bulle, ont choisi de se ranger à l’opinion des scientifiques, lesquels ont fait front sur le sujet. Marc Van Ranst et Frédérique Jacobs ont d’ailleurs, avant le CNS, fait connaître sans équivoque leur position sur le sujet. Une manière de procéder qui a irrité le politique : difficile en effet, après ce type de prises de position d’experts, d’aller dans un sens contraire…

1 La bulle de 5, justement, restera d’application au moins jusqu’à la fin du mois de septembre. Elle vise le nombre de personnes avec qui un foyer est en contact et avec qui les distances de sécurité ne sont pas respectées. Sophie Wilmès a cependant rappelé qu’il était autorisé de voir des personnes extérieures à sa bulle, à condition de respecter scrupuleusement les distances de sécurité. La règle pourrait toutefois être réévaluée à la mi-septembre, lors d’un prochain CNS.

2 Le CNS a toutefois été l’occasion de confirmer une bonne nouvelle. Dès le premier septembre, l’ensemble des élèves pourra reprendre le chemin de l’école. La rentrée sera placée en code jaune, code jaune, ce qui signifie que la semaine de cinq jours de cours sera à nouveau la norme de départ.

3 Autre annonce, attendue par les commerçants : dès lundi, il sera permis de faire son shopping à deux , sans limite de temps. Les magasins seront toutefois libres d’adopter des règles plus strictes. Cet assouplissement avait été déjà convenu lors du dernier comité de concertation, sur demande de Denis Ducarme, ministre des Indépendants et David Clarinval, vice-Premier en charge du Budget. La mesure est accueillie avec soulagement par l’UCM qui précise cependant que "pour le reste, le couvercle du confinement continue à peser sur l’activité économique, en particulier sur l’Horeca et l’événementiel".

4 Le CNS a accepté de donner un peu d’air au secteur de la Culture, qui a réclamé avec force des assouplissements cette semaine. Ainsi, dès le mois prochain, le nombre de spectateurs pouvant assister à des événements sera à nouveau revu à la hausse. En intérieur, dans des salles de spectacles ou des centres sportifs, il passera de 100 à 200. Pour les événements en plein air, le nombre de spectateurs autorisés sera de 400, contre 200 actuellement. Cela concerne les salles de théâtre, de spectacles mais aussi les halls omnisports ou les stades. Des dérogations pourraient toutefois être accordées au cas par cas.

5 La Première ministre a également annoncé que les couples séparés par des frontières pourront officiellement se retrouver à partir du 1er septembre.

50 personnes désormais autorisées aux funérailles

Sur un point, et probablement un seul, Sophie Wilmès et ses collègues se sont affranchis du rapport du Celeval (cellule d’évaluation composée d’un groupe d’experts fédéraux). Les réceptions organisées après des funérailles pourront accueillir jusqu’à cinquante personnes, pour autant que les règles déjà en vigueur pour l’Horeca soient respectées.

Sophie Wilmès a elle-même précisé que cette décision avait été prise "en marge du Celeval".

"Pour l’essentiel, le rapport des experts reçu mardi soir avant le comité de concertation a été suivi. Même sur la bulle de 5. Mais sur les funérailles, les politiques ont estimé que ce n’était pas humain de conserver la règle en vigueur (10 personnes maximum par réception)", nous assure une source gouvernementale.

La demande, non négociée avant le début de cette réunion, a été déposée par Alexander De Croo (Open VLD), vice-Premier en charge des Finances lors du CNS. Elle a rapidement fait consensus au sein du politique et ne s’est pas heurtée à une forte opposition des experts, l’assouplissement ayant a priori des conséquences relativement modérées.

La règle des 10 personnes reste d’application pour toutes les autres réceptions (mariage, anniversaire, fêtes religieuses, etc.), mais la Première a assuré que le prochain CNS se penchera sur la question d’un éventuel assouplissement des règles pour les réceptions de manière générale.