a sent la campagne. Et dans cette course à la notoriété, il y a un concurrent qui bénéficie d’un certain avantage : Elio Di Rupo. Le Premier ministre profite de son statut très particulier pour multiplier les apparitions. Sa participation à l’émission 69 minutes sans chichis sur La Deux jeudi soir en est un exemple. Sortie médiatique anodine ? Ce n’est pas l’avis des administrateurs non PS du conseil d’administration de la RTBF. Alors qu’on l’annonce aussi prochainement sur le plateau de Top Chef sur RTL. "On a quand même affaire au Premier ministre. Il n’est peut-être pas asexué politiquement, mais il est au-dessus de la mêlée", justifiait hier l’animatrice de Sans chichis.

La fonction de Premier ministre confère un prestige particulier. Qui justifie les sollicitations. Même de la part d’adversaires politiques. Le bourgmestre MR de Frasnes-lez-Anvaing, Jean-Luc Crucke, a ainsi invité en juin dernier Elio Di Rupo à parler dans sa commune de L’avenir et l’évolution du pays. Salle comble : 500 personnes sont venues écouter le Premier ministre. Interrogé par l’hebdomadaire Marianne, Jean-Luc Crucke s’est justifié en disant qu’il organise chaque année une conférence avec "un orateur de renom". Le député-bourgmestre libéral n’a pourtant pas perdu de vue qu’Elio Di Rupo est un adversaire politique. "Je préférais l’inviter in tempore non suspecto plutôt que de laisser la section locale du PS le faire venir en pleine campagne", a-t-il dit.

Mais si les invitations s’empilent sur son bureau, le locataire du 16, rue de la Loi sélectionne bien celles à laquelle il répond favorablement. Et il ne faut pas chercher la preuve très loin. Elle se trouve sur son propre site. Ses services compilent en effet sur une carte les principaux déplacements du Premier ministre depuis son entrée en fonction en décembre 2011 (lire infographie).

C’est Bruxelles qui a reçu le plus souvent le Premier ministre en visite. La carte comporte 38 référencements. Ce sont beaucoup de rendez-vous incontournables. Matches des Diables Rouges, vœux royaux aux Corps constitués, fête de la Région bruxelloise… La province de Hainaut - où il se présentera le 25 mai prochain - suit juste après. Elio Di Rupo y a fait 36 déplacements officiels. C’est nettement plus que dans les autres provinces. 13 déplacements à Liège (pour la plupart dans la ville de Liège), 9 dans la province d’Anvers et en Flandre orientale, 6 en Flandre occidentale et dans le Brabant flamand, 5 dans le Namurois, 4 dans le Luxembourg et 2 dans le Limbourg.

Autre constat : l’activité du Premier ministre sur le Hainaut s’est intensifiée depuis quelques mois. 25 des 36 déplacements dans la province remontent en effet à moins d’un an.

La surreprésentation du Hainaut dans les voyages du Premier s’explique par une proximité géographique évidente. On peut penser qu’Elio Di Rupo est davantage invité par des gens qui le connaissent. Mais on ne peut pas non plus écarter les motivations électorales. Elio Di Rupo a forgé sa carrière politique sur le terrain, au contact de la population. Où il excelle.