Belgique

La baisse du taux de chômage des jeunes est attribuable à la baisse de la population active

BRUXELLES L’Institut pour un développement durable (IDD) publie ce jeudi une note (rédigée par Philippe Defeyt, économiste pour l’IDD) concernant les revenus et le pouvoir d’achat, les prix, le chômage et le marché du travail des jeunes en Belgique.

“Il n’y a plus grand doute. L’année 2012 sera difficile sur le plan socio-économique. Les toutes récentes perspectives du Bureau fédéral du plan le confirment” , précise Philippe Defeyt dans sa note.

Le premier point de la note s’attaque donc aux revenus et au pouvoir d’achat. Nous y apprenons que le revenu disponible moyen par tête a progressé de 35 % depuis 2000, alors que le Revenu d’intégration – considéré ici comme illustratif de l’évolution des minima sociaux – a lui progressé de presque 50 %, le Revenu d’intégration ayant bénéficié à plusieurs reprises de la liaison au bien-être.

“Tenant compte de l’évolution du coût de la vie, on constate que le pouvoir d’achat moyen par tête se situe, en 2012, à un niveau d’environ 4 % supérieur à celui de 2000, mais qu’il est en recul depuis 2009, année où le pouvoir d’achat par tête a atteint un maximum historique au cours de la période considérée (2000-2012)” , explique encore Philippe Defeyt.

Le deuxième aspect de la note touche aux prix. On peut remarquer que le coût de la vie – mesuré par l’indice global – a évolué d’environ 30 % depuis 2000. Mais plusieurs produits ou gammes de produits socialement sensibles ont vu leur prix évoluer plus vite que l’indice global. C’est le cas pour les loyers (+ 44 %) et pour l’énergie consommée pour le logement (+ 77 %). C’est le cas également pour les produits alimentaires considérés globalement (+ 38 %) et deux sous-catégories de produits alimentaires : pains et produits de céréales (+ 50 %) et huiles et graisses (+ 43 %).

“Tenant compte d’une structure de consommation des ménages pauvres plus centrée sur les loyers, l’énergie et l’alimentation, j’ai calculé un indice des prix des pauvres . Celui-ci a augmenté de 44 % depuis 2000, soit une augmentation en phase avec celle des allocations minimales” , analyse encore Philippe Defeyt.

Le marché du travail des jeunes, pour sa part, continue à faire l’objet de politiques fédérales et régionales spécialement dédiées à ce segment de la population active.

On peut constater à la lecture du tableau ci-dessous que le taux de chômage en 2011 est supérieur à celui enregistré avant la récession de 2009-2010, que la baisse tendancielle du taux de chômage des jeunes entre 2005 et 2011 est attribuable à la baisse de la population active, plus rapide que celle de l’emploi.

“On constate également que la proportion d’emplois jeunes soutenus par la sécurité sociale a considérablement augmenté sur la période considérée; en effet, l’emploi activé a représenté en 2011 environ 8 % de l’emploi salarié contre 1,2 % en 2005” , conclut Philippe Defeyt.



© La Dernière Heure 2012