Lors de la dernière audience, le procureur général a déclaré qu'il ne souhaite plus poursuivre que quatre des dix-huit prévenus dans ce dossier. Le parquet avait interjeté appel contre l'acquittement, prononcé en première instance, des dix-huit personnes prévenues dans cette affaire. Deux ans plus tard, après des devoirs d'enquête complémentaires qui n'ont pas apporté de nouveaux indices incriminant les prévenus, le procureur a annoncé, le 15 septembre dernier, qu'il renonçait à poursuivre quatorze d'entre eux.

La procédure ne se poursuit donc plus qu'avec quatre prévenus, Houssein B., Abdellah F., Nordine E.H. et Tarek B.

Le 18 février 2013, huit individus masqués et armés avaient surgi sur le tarmac de Brussels Airport à Zaventem. Ils s'étaient approchés d'un avion de la compagnie aérienne Swiss, dans lequel se trouvait un chargement de valeur, convoyé par le transporteur de fonds Brink's. Ils s'étaient emparés de 121 colis contenant des diamants mais aussi des lingots d'or et des pierres précieuses, pour un total de 37 millions d'euros.

Ce vol au butin immense est considéré comme le braquage le plus spectaculaire et le plus audacieux commis en Belgique.

Seule une partie des biens volés avait été retrouvée. Le 13 mai 2013, des diamants pour un montant d'environ cinq millions d'euros avaient en effet été découverts dans la cave de la villa du dénommé Pascal Pont, à Champel en Suisse. L'un de ses proches amis, Marc Bertoldi, avait avoué qu'il avait reçu ces diamants par un contact mais avait contesté être l'un des auteurs du braquage à l'aéroport de Bruxelles-National.

Surnommé "Quentin Tarantino" ou "le grand Marco", il était considéré par les enquêteurs comme le cerveau du braquage.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a tout d'abord jugé dix-huit personnes, en mai 2018. Celles-ci étaient prévenues pour participation au braquage à divers degrés (auteur du vol des diamants, auteur du vol des voitures ayant servi aux faits, receleur des diamants volés, etc.). Elles ont toutes été acquittées. Le tribunal a estimé que "les éléments ne sont pas suffisamment précis et concordants pour asseoir la culpabilité des prévenus".

Quant à Marc Bertoldi, le tribunal l'a jugé seul, en juin 2019. Il a considéré qu'il était co-auteur du braquage car il avait accepté d'écouler la marchandise volée, mais a estimé que rien ne permettait d'établir qu'il avait été le cerveau du braquage comme le soutenait le ministère public. "Le Grand Marco" a écopé d'une peine de cinq ans de prison ferme.