Les réformes fiscales proposées par le PS et le MR recyclent des recettes éculées et dressent les classes sociales les unes contre les autres, a critiqué vendredi le cdH, défendant au passage sa "révolution" fiscale. Au PS, le cdH reproche de ne proposer qu'un aménagement de mesures existantes en matière de cotisations sociales. "La réforme socialiste oublie les pensionnés et les indépendants", affirme le parti dans un communiqué, faisant ainsi peu de cas des propositions socialistes relevant la pension minimale pour la personne isolée ou instaurant un crédit d'impôt pour indépendants.

"Une grande partie de la population n'est pas concernée puisque leur réforme se limite aux salaires inférieurs à 2.100 euros", ajoute le cdH, après que le PS eut soutenu que son bonus emploi social toucherait 70% des salariés.

Pour les humanistes, les socialistes oublient de prendre en compte les familles et risquent de faire fuir les entreprises. "Si le PS nous rejoint sur la suppression des intérêts notionnels, il ne la compense pas en proposant une baisse du taux nominal de l'impôt des sociétés", note le cdH, tout en constatant par ailleurs que les socialistes eux aussi réclament une réforme fiscale neutre sur le plan budgétaire.

Ce n'est en revanche pas ce que propose le MR, dont le coût de la réforme fiscale s'élèverait au quadruple des 5 milliards annoncés, affirme le cdH. Le gel des dépenses publique proposé par le MR est "irréaliste" à ses yeux, et tabler sur des effets retour pour financer la réforme risque de peser sur les pensions, soins de santé, enseignement et justice, ajoute le parti.

Le cdH avait présenté le 1er mars dernier dans la presse sa "révolution fiscale", qui selon lui verra basculer 10 milliards d'euros et créera 140.000 emplois.