"On aurait pu faire mieux, mais pas éviter ce qui s'est passé. Il faudra des semaines pour tout analyser", affirme M. Henry (Ecolo) dans les colonnes de L'Avenir et de Sudpresse, alors que le PTB réclame, en vain jusqu'ici, la tenue d'une commission extraordinaire au Parlement wallon sur ces inondations.

La Région s'est fondée sur les annonces de l'Institut royal météorologique (IRM) prévoyant 60 à 150 mm d'eau par m2 sur trois jours, ce qui permettait au barrage d'Eupen de retenir l'eau qui venait en amont de lui, expose M. Henry dans la presse.

Ces prévisions ont été largement dépassées, puisqu'il est tombé plus de 200 mm en 24h dans la vallée de la Vesdre. Si les modèles avaient pu annoncer l'ampleur réelle des averses, "il aurait fallu lâcher de l'eau sur une semaine (à l'avance), peut-être même deux, pour ne pas inonder Eupen", expose Philippe Henry.

Le fait que le barrage d'Eupen soit situé très en amont de la Vesdre fait que les deux tiers (300 m3 par seconde) de l'eau arrivée au pire moment du débit à Chaudfontaine provenait de la pluie tombée en aval du barrage, selon le ministre. Toutefois, 150 m3 par seconde ont dû être lâchés du barrage dans la nuit de mercredi à jeudi pour éviter qu'il ne cède. "Que vouliez-vous faire ? Le barrage ne pouvait plus retenir cet excédent sous peine d'être abîmé, voire de se briser avec des conséquences plus catastrophiques encore", questionne le ministre.

Concernant l'information, elle est donnée au centre de crise régional qui centralise les données et transfère l'info au centre de crise provincial, qui alimente les Communes, détaille Philippe Henry. Selon lui, tout était "parfaitement connu" au départ des deux centres de crise, mercredi en début d'après-midi.

Le PTB, quant à lui, affirme que les habitants des villes sinistrées n'ont pas été prévenus de la montée soudaine des eaux dans la nuit de mercredi à jeudi. "Le ministre semble confirmer que l'info était disponible pour le centre de crise mercredi en milieu d'après-midi. La question est donc de savoir pourquoi une mesure d'évacuation généralisée des abords de la Vesdre n'a pas été prise dès mercredi après-midi", fait observer le chef de groupe PTB, Germain Mugemangango.

Ce dernier pointe aussi un manque d'anticipation des autorités wallonnes: "l'agence européenne compétente avait prévenu la Belgique de pluies extrêmes avec risque d'inondations extrêmes sur le Rhin et l'Est de la Belgique dès le samedi matin, soit cinq jours avant les inondations." Le parti d'extrême gauche dit espérer qu'il ne devra pas attendre le mois d'août pour obtenir des réponses au Parlement. Des députés de la majorité se sont aussi montrés favorables à la réunion rapide d'une commission.