Belgique

"Il y a une volonté de créer un écran de fumée avec cet accord. On y parle d'un plan d'investissement social et écologique, mais entre les lignes on voit le retour des mêmes recettes libérales", a réagi mardi Germain Mugemangango, porte-parole et chef de groupe du PTB au parlement wallon, au lendemain de la présentation des accords conclus par le PS, le MR et Ecolo en vue de la formation des gouvernements en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Il y a très peu de chiffres et la question budgétaire y est réduite au stricte minimum: à peine 10 lignes sur 122 pages, remplies uniquement de quelques bonnes intentions. Impossible dans ce cadre de répondre à l'urgence sociale en matière de logement, de santé ou de développement des services publics", a-t-il ajouté en estimant que "ce coquelicot bleuté cache mal les politiques antipopulaires de demain."

Selon le PTB, le plan d'investissements annoncé passera par "les recettes classiques de l'Union européenne, "à savoir les partenariats public-privé (PPP) d'une part, et les coupes budgétaires d'autre part, évoquées dès ce mardi matin par Willy Borsus".

"Pour nous, il ne peut pas être question de couper dans les budgets publics. Il faut au contraire y investir et c'est pour cela que nous avions mis sur la table la nécessaire rupture avec le carcan budgétaire européen", a poursuivi Germain Mugemangango selon qui, par ailleurs, le "renoncement en termes de logement social n'est pas acceptable". "Tout au plus parle-t-on de la construction de 3.000 logements publics sur les cinq ans à venir et de quelques milliers de rénovations, ce qui est une goutte d'eau par rapport aux plus de 40 000 personnes sur une liste d'attente en Wallonie."

"Elio Di Rupo parle d'une 'chimie formidable de nature progressiste' concernant cet accord. Mais après lecture, malgré de bonnes intentions sur une série de points, notamment au niveau climatique, la préparation du chimiste Di Rupo semble surtout vouée à virer au bleu", a conclu le porte-parole du PTB.


Van Overtveldt: "Le plus gros manquement: l'absence d'un trajet de retour à l'équilibre"

"Le plus gros manquement de l'accord de gouvernement en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles: l'absence d'une boussole, d'un trajet de retour à l'équilibre", a réagi mardi l'ancien ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA). Lundi, la coalition PS-MR-Ecolo, à la manoeuvre en Wallonie et en FWB, a annoncé un plan d'investissements de 4 milliards d'euros et un retour à l'équilibre d'ici 2024, couplés à une augmentation sensible du taux d'emploi, de 63,7 à 68,7%. Comment il compte y parvenir, par contre, est moins clair.

"Il manque à cet accord une boussole, un trajet de retour à l'équilibre. Au sein du gouvernement fédéral, nous avons dû constater que même avec une boussole, il était extrêmement difficile, pour certains partenaires de la coalition, de tenir la ligne définie", a souligné le député européen et ancien ministre des Finances.

"Par ailleurs, le texte est basé sur une croissance sensible du nombre d'emplois, sans dire comment ces emplois seront créés. La question est donc de savoir si l'on est prêt à prendre des mesures pour activer les chômeurs, et lesquelles. Sur ce point, l'accord est très vague", a conclu Johan Van Overtveldt.


L'UCM salue l'accord, mais s'inquiète du brouillard budgétaire

L'Union des classes moyennes (UCM) estime que le programme de gouvernement wallon est "un verre aux deux tiers plein". L'organisation se réjouit de l'existence d'un accord de gouvernement pour la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais pointe cependant le "brouillard budgétaire" qui entoure l'accord. L'UCM se réjouit que la Région sera gérée pendant cinq ans "par une majorité solide". L'organisation salue le programme "sérieux, ambitieux pour l'emploi et attentif aux besoins et réalités des petites entreprises". Elle estime en effet qu'un bon nombre de revendications UCM sont reprises dans le projet de déclaration gouvernementale wallon. C'est le cas de tout ce qui concerne la simplification administrative ("only once", principe de proportion, accès aux marchés publics...) et le maillage des entreprises (BtoB wallon), indique l'organisme.

L'attention portée aux secteurs de la construction, le commerce et l'horeca est cruciale pour l'activité et l'emploi, selon l'UCM. Les investissements dans le secteur du logement et la volonté de revitaliser les centres-villes sont des éléments très positifs. L'organisation se réjouit également de la promesse de respecter la concertation sociale.

Cependant, l'UCM se dit préoccupée par "le brouillard budgétaire qui entoure l'accord". "Il est très positif d'annoncer le retour à l'équilibre en 2024 sans aucune nouvelle taxe et avec quatre milliards d'euros d'investissements. Mais des augmentations de taxes existantes ne seront-elles pas nécessaires? Ou ne finira-t-on pas par rogner dans les budgets économiques de soutien aux investissements et à l'emploi?", souligne l'organisme.

Son président Pierre-Frédéric Nyst, affirme toutefois être prêt "à collaborer à la mise en œuvre de ce programme de gouvernement".


La fin de la production de plastique à l'horizon 2030 est "peu réaliste"

Dans sa déclaration de politique régionale, le prochain gouvernement wallon entend, entre autres choses, "être le moteur d'une stratégie de sortie de la production de plastique à l'horizon 2030", seuls les usages où il est nécessaire étant conservés d'ici là. Une mesure jugée "peu réaliste" par Go4Circle, la fédération belge des entreprises actives dans le traitement et le recyclage des déchets. Cette dernière s'inquiète également de la volonté régionale de réduire l'incinération de 50% pour 2027 et de fermer les décharges.

"Nous aurons toujours besoin de ces exutoires pour les déchets ultimes et on ne doit pas dépendre d'une région limitrophe ou d'autres pays d'Europe, voire d'Asie. Une concertation est prévue et elle sera absolument nécessaire", a ainsi commenté Stany Vaes, le directeur général de la fédération.

Go4Circle se réjouit toutefois que l'économie circulaire devienne "un axe industriel majeur en Wallonie", avec le développement de nouvelles filières de recyclage pour les huiles usagées, les matelas ou encore les déchets de construction.

Le gouvernement wallon a prévu de bannir les plastiques à usage unique, pour lesquels il existe une alternative, en 2022, en application de la directive européenne 'produits en plastique' et en concertation avec le gouvernement fédéral et les autres Régions. L'interdiction des sacs plastiques sera quant à elle élargie aux emballages des fruits et des légumes d'ici fin 2021.


La Fef salue les avancées mais reste dubitative sur plusieurs points

La Fédération des étudiants francophones (Fef) salue mardi l'accord de gouvernement pour la Fédération Wallonie-Bruxelles qui prévoit plusieurs "efforts en matière d'enseignement supérieur". Refinancement, poursuite du gel du minerval ou encore augmentation des bénéficiaires des droits d'inscription réduits remportent les faveurs de l'organisme de représentation des étudiants. La Fef annonce toutefois sa vigilance, plusieurs points la laissant dubitative. PS, MR et Ecolo ont annoncé lundi un accord pour la formation du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dont l'enseignement représente la compétence la plus importante. Du côté du supérieur, plusieurs mesures sont prévues, dont un refinancement, le gouvernement s'inscrivant "dans un objectif à long terme de sortie de l'enveloppe fermée". Il souhaite aussi rattraper la baisse structurelle du montant accordé par étudiant. L'enveloppe financière restant à l'identique et le nombre d'étudiants ne cessant d'augmenter, le montant par jeune décroissait en effet continuellement.

Le refinancement est dès lors accueilli favorablement par la Fef, qui salue également que davantage d'étudiants pourront bénéficier de droits d'inscription réduits et la prolongation du gel du minerval, mesures qualifiées de "véritables avancées". La Fédération se réjouit aussi que le futur gouvernement souhaite "revaloriser l'aide à la réussite et l'aide au logement".

Certaines dispositions la faut néanmoins sursauter, telles que l'instauration de tests d'orientation. Le futur gouvernement a émis le souhait d'instaurer des évaluations non-contraignantes, qui pourront aboutir à un plan d'accompagnement personnalisé en cas de lacunes. Et ce, afin d'améliorer le taux de réussite des étudiants. Or, la Fef considère qu'un test "même non contraignant constitue un mécanisme d'autocensure pour les étudiants". La Fédération s'inquiète également que ce test ne devienne contraignant par la suite.

La Fef déplore que le gouvernement évoque la possibilité que les étudiants étrangers - qui ne connaissent pas de difficultés financières - participent davantage au financement de l'enseignement supérieur. "L'enseignement est un moteur de changement social et culturel qui doit être accessible à tous", plaide la Fef." Or, ce modèle ne doit pas être financé directement par les droits d'inscription des étudiants."

"A l'aube de cette nouvelle législature pleine de promesses, les étudiants sont sur le qui-vive et prêts à défendre leurs droits pour un enseignement public, gratuit, de qualité et accessible à tous", prévient la Fef.


"Peu de vision d'avenir", dénonce la fédération des maisons de repos privées

En matière de politique des aînés, le futur gouvernement wallon fait preuve "de beaucoup de vieux préjugés et de peu de vision d'avenir", dénonce mardi Femarbel, la fédération des maisons de repos privées en Belgique. Celle-ci regrette notamment que "la création de 1.130 places en maison de repos par an jusqu'en 2031, décidée en mai 2019 par le précédent gouvernement, soit à présent limitée aux seules années 2019 et 2020, ce qui propose une vision à très court terme".

La fédération pointe également "une clé de répartition figée entre les différents acteurs (associatif, privé et public) sur base de critères purement politiques, complètement éloignés des préoccupations de la population" et réfute l'accusation de "tarifs abusifs" formulée dans l'accord de gouvernement.

"Dans les maisons de repos privées, il existe déjà une solution d'accueil à partir de 1.100 euros par mois, les tarifs dépendant de la localisation et des services annexes proposés, hors soins", rappelle à ce propos Femarbel. "Le prix moyen du privé et associatif en Wallonie est de 1.500 euros par mois, soit une différence d'à peine 200 euros avec le secteur public qui n'a pas les mêmes modes de financement et n'est pas soumis aux mêmes contraintes de rigueur de gestion", ajoute-t-elle.

La fédération rappelle enfin "que ce sont les médecins qui sont les seuls habilités à prescrire les médicaments nécessaires à la bonne santé de leurs patients" alors que l'accord de coalition dénonce "la surmédication de résidents en maisons de repos".

Malgré ces griefs, Femarbel, qui représente plus de 50% des structures en Wallonie et à Bruxelles, se dit "plus que jamais ouverte au dialogue pour rencontrer les besoins des aînés et soutenir des projets innovants".


"Plusieurs avancées mais aussi des silences", constate La Ligue des Familles

Si, en termes de qualité de vie des familles, les accords présentés lundi par la coalition PS-MR-Ecolo au sud du pays comportent "plusieurs belles avancées", ils comptent également "des silences", notamment en matière d'allocations familiales, analyse mardi La Ligue des Familles. Celle-ci se réjouit notamment de la décision du futur gouvernement de poursuivre la dynamique et la mise en œuvre du Pacte pour un enseignement d'excellence. Elle regrette néanmoins l'érosion du principe du tronc commun, "car en ajoutant des heures à la carte en troisième secondaire, l'unicité de la formation ne se poursuivra en réalité que jusqu'à la fin de la deuxième secondaire".

La Ligue salue par ailleurs "la promesse d'avancées en matière de gratuité scolaire, synonymes de réel soutien aux familles" et "prend acte" de l'abrogation des dispositions relatives aux inscriptions dans l'enseignement secondaire tout en rappelant que "l'amélioration de la mixité sociale au sein des écoles est un enjeu important pour réduire les inégalités scolaires".

Elle se félicite en outre de la mise en place d'un plan transversal de lutte contre la pauvreté infantile, de la reconnaissance de la monoparentalité comme statut spécifique, ainsi que de la réforme des milieux d'accueil afin d'en améliorer la qualité et l'accessibilité.

Autre point positif: la volonté affichée de développer en Wallonie une politique facilitant la conciliation entre vie privée et vie professionnelle, via notamment l'extension du mécanisme des titres-services à l'accueil et au transport d'enfant.

Les engagements pour faire face à la pénurie de logements sociaux répondent également à une difficulté majeure des familles, poursuit la Ligue qui applaudit enfin la mise en œuvre progressive de la gratuité des transports en commun pour les jeunes jusqu'à 25 ans, pour les 65 ans et plus et pour les publics précarisés.

Par contre, l'entrée en vigueur de la réforme des allocations familiales n'est pas évoquée dans les textes. "Une déception" pour la Ligue des Familles "qui s'inquiète du manque à gagner important pour les familles à cheval sur les deux modèles". "Il est essentiel de prévoir un mécanisme correctif pour éviter à ces familles d'être les grandes perdantes de la régionalisation des allocations familiales", conclut-elle.

La réforme annoncée du décret Inscriptions reste "assez floue", juge l'Ufapec

L'Union francophone des associations de parents de l'enseignement catholique (Ufapec) s'est montrée "mitigée" mardi après la publication de l'accord de gouvernement pour la Fédération Wallonie-Bruxelles et la volonté affichée par l'arc-en-ciel d'"abroger" le décret organisant les inscriptions dans le secondaire, un des chevaux de de bataille de l'association depuis longtemps. "Il y a dans cet accord de majorité un registre de langage qui ne dit pas la réalité de ce qui sera. On parle ainsi d'+abroger+ le décret Inscriptions, mais la base du décret actuel fera visiblement toujours partie du prochain", note Bernard Hubien, secrétaire-général de l'Ufapec.

"Le formulaire unique d'inscription, le période commune d'inscription, seront ainsi préservés, ce qui est une bonne chose. Les 20% de places réservées aux élèves à indice socio-économique faible sont aussi maintenus. Pour le reste, cela reste assez flou. Je ne vois pas trop à ce stade vers quoi l'on va".

La déclaration de politique communautaire (DPC) présentée lundi par les coalisés ne dit pas grand choses des futures modalités d'inscriptions, sinon qu'ils comptent donner plus de poids au libre-choix des parents, laissant ainsi entrevoir l'abandon des critères géographiques aujourd'hui prépondérants pour l'attribution des places.

Pour les détails concrets, la future majorité chargera un groupe d'experts de formuler des propositions concrètes.

"Il faudra voir qui l'on met dans ce groupe d'experts. Il ne faudrait pas que ce soient des techniciens des algorithmes! ", presse l'Ufapec, qui espère bien obtenir une place dans ce groupe de réflexion.

L'association recommande à la future majorité de bien prendre le temps nécessaire afin de mûrir la réflexion pour cette nouvelle révision du décret Inscriptions, qui en sera ainsi à sa quatrième mouture depuis 2007.

Quant au reste du volet enseignement obligatoire de la DPC, l'Ufapec y voit des choses positives, comme le maintien de la dynamique créée autour du Pacte d'excellence, mais aussi des éléments négatifs, comme le maintien du caractère certificatif du CEB (que les élèves devront continuer à réussir pour passer des primaires vers le secondaire, ndlr).

"Alors qu'on dit vouloir créer un tronc commun jusqu'en 3e secondaire, on va maintenir avec ce CEB une rupture symbolique du continuum pédagogique. Cela ne privilégie pas la réussite scolaire car cela crée une pression très importante sur les élèves", selon M. Hubien.

Quant à la pénurie préoccupante d'enseignants, l'accord de majorité n'apporte "rien de neuf", analyse l'Ufapec. "On annonce une modification du décret Titres et Fonctions, mais il a déjà été assoupli par la ministre (précédente Marie-Martine) Schyns".

Du futur ministre de l'Education (dont le nom devrait être connu vendredi, ndlr), les parents du libre attendent en tout cas beaucoup d'humilité pour "qu'il n'ait pas la tentation de vouloir absolument accrocher son nom à l'une ou l'autre réforme".


Le syndicat libéral se retrouve dans l'accord mais pointe le flou budgétaire

La centrale générale des syndicats libéraux de Belgique (CGSLB) salue globalement l'accord trouvé en vue de constituer des gouvernements pour la Wallonie et pour la Fédération Wallonie Bruxelles, et "qui reprend bon nombre d'éléments" présents dans son mémorandum. "Les trois composantes PS, MR et Ecolo, pourtant si éloignées dans leurs programmes respectifs, sont néanmoins parvenues à établir des déclarations de politique équilibrées, cohérentes, apaisantes et aux objectifs sociaux, environnementaux et économiques ambitieux", constate la CGSLB.

De nombreuses revendications syndicales sont reprises dans le projet de déclaration gouvernementale wallon, telles que: la volonté d'une concertation sociale renforcée, des politiques climatiques et d'environnement transversales et volontaristes, l'intention de développer une politique de mobilité cohérente, une volonté affichée en matière de formation et d'emploi, ou encore d'amender le pacte d'excellence.

Le syndicat libéral regrette néanmoins l'absence de l'assurance autonomie de la Déclaration de Politique Régionale (DPR) wallonne. "Celle-ci nous semble pourtant être le meilleur moyen d'assurer le financement du maintien au domicile des personnes en perte d'autonomie et de l'allocation pour personnes âgées".

Le diable se trouvant dans les détails, le Syndicat Libéral sera particulièrement attentif à la manière dont les bonnes intentions affichées seront coulées en textes (décrets ou arrêtés), prévient-il.

En outre, "Nous notons que le chapitre 29 de la DPR wallonne - Fiscalité et budget -, ne nous permet pas d'identifier la faisabilité réelle des politiques exprimées, ni de percevoir les intentions des partenaires en matière d'endettement de la Wallonie, ni d'évaluer la crédibilité de la trajectoire devant nous amener à l'équilibre en 2024", conclut la CGSLB.


Les journalistes de L'Avenir réclament l'écartement de Stéphane Moreau

"La société des rédacteurs et la délégation de l'Association des Journalistes Professionnels (AJP) prennent bonne note des intentions du gouvernement wallon et de la Fédération Wallonie-Buxelles concernant les Editions de L'Avenir", indiquent-elles mardi dans un communiqué commun, tout en réclamant l'écartement "à très brève échéance" de l'équipe dirigeante. Elles citent nommément Stéphane Moreau et Pol Heyse. Face au bras de fer qui oppose la rédaction des Editions de l'Avenir à la direction, l'arc-en-ciel PS-MR-Ecolo, qui a présenté lundi son accord de gouvernement wallon, entend soutenir la sortie de l'entreprise du giron de l'intercommunale Enodia-Nethys, soit via la reprise par un autre éditeur, soit via une coopérative pilotée par le personnel, les lecteurs du journal, etc.

Les représentants des journalistes affirment mardi prendre "bonne note" de ces intentions. Mais ils "ne comprendraient pas que des mesures d'écartement des dirigeants ne soient prises à très brève échéance. (...) Il paraît inconcevable que des personnes ayant commis d'énormes dégâts continuent à diriger un média important en Wallonie, ne fut-ce que quelques mois. Nous parlons clairement de Stéphane Moreau et de son bras droit, Pol Heyse", indiquent la Société des rédacteurs (SDR) et les délégués de l'AJP.

"Pour rappel, ces derniers ont repris une entreprise saine, qu'ils ont mise dans le rouge avant de licencier 20% du personnel, non sans avoir au passage écarté des gens compétents qui avaient fait leurs preuves (directeur général et rédacteur en chef). À ajouter à leur bilan catastrophique: des licenciements ciblés de journalistes et un lock-out de 'leur' propre média", font-ils notamment valoir.

"Il nous semble grand temps d'envisager une solution pérenne dans une sérénité impossible à trouver pour l'instant. La société coopérative qui assortira cette solution a fait l'objet d'un long travail de préparation en interne, avec le soutien d'une structure professionnelle. Elle peut être lancée à tout moment. Il s'agirait, en support d'une initiative industrielle traditionnelle, d'un modèle original en communauté Wallonie-Bruxelles", concluent la SDR et la délégation AJP.

Un accord "plutôt positif"

L'Association des Journalistes Professionnels (AJP) juge "plutôt positif" l'accord de gouvernement conclu en Fédération Wallonie-Bruxelles par les négociateurs de l'arc-en-ciel. Plusieurs apports suscités par l'AJP figurent dans la note présentée lundi par le PS, le MR et Ecolo. "Cela facilitera des avancées", estime la secrétaire générale Martine Simonis, citant plusieurs exemples. La secrétaire générale pointe notamment l'intention d'"encourager les médias à garantir la diversité à l'écran en prenant en considération des variables telles que le genre, l'âge, l'origine, la catégorie socioprofessionnelle ou encore le handicap".

L'indépendance des rédactions est également mise en avant dans l'accord, notamment via le projet de "doter par décret les rédactions des entreprises de médias d'un statut propre".

L'AJP salue aussi le souhait de "soutenir la presse écrite afin de renforcer le pluralisme des médias, la qualité de l'information et l'indépendance des rédactions." A ce sujet, elle salue le fait que l'arc-en-ciel entend "favoriser les aides à la presse destinées à accroître les emplois stables, l'indépendance des rédactions, l'investissement dans l'information de qualité, le pluralisme et la transformation du modèle économique". L'AJP a aussi plaidé et obtenu que ces aides soient rendues "accessibles aux nouveaux modèles d'édition, notamment aux coopérative".

L'association salue encore la volonté de sortir les Editions de L'Avenir du giron de l'intercommunale Enodia-Nethys ainsi que le renforcement du Fonds pour le journalisme.

Enseigner aux médecins la pratique de l'IVG, une mesure saluée par les associations

Le futur gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a inclus, dans sa déclaration de politique générale, la volonté d'inscrire les techniques d'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans le cursus des études de médecine. Il s'agissait d'une revendication portée de longue date par les fédérations de centres de plannings familiaux et les associations féministes, qui saluent unanimement mardi cette avancée. Jusqu'à présent, les étudiants en médecine n'apprenaient pas les techniques pour pratiquer l'avortement. Seule l'Université libre de Bruxelles proposait un cours facultatif. "Scandaleux" pour la présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB), Sylvie Lausberg, car il fallait se déplacer à Bruxelles pour bénéficier d'une formation. "Quid du médecin qui pratique à Rochefort par exemple? "

L'absence de formation obligatoire est "un héritage de notre société qui pense l'avortement comme un acte à part", poursuit Mme Lausberg. "On est en train d'arriver à modifier la perception de l'IVG, qui passe d'un délit pénal à un acte de santé publique", se réjouit-elle. Inscrire les techniques de l'IVG était dès lors une de ses revendications, à l'instar des fédérations de centres de plannings familiaux, qui peinent à trouver des médecins acceptant de pratiquer l'avortement.

"L'IVG est un droit fondamental des femmes et pour le faire valoir, il faut des moyens. Trois quarts des avortements sont pratiqués en centres de planning familial qui souffrent d'une pénurie de médecins", pointe Jihan Seniora, coordinatrice de la Fédération des Centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes (FCPF-FPS). Pour elle, inscrire cette pratique dans le cursus permettra de lui apporter une visibilité mais aussi de "valoriser la pratique de la médecine en centres de planning familial", le gouvernement souhaitant inclure la sensibilisation et la formation au travail dans de tels centres dans le cursus des facultés de médecine.

"Il est clair que de moins en moins de médecins pratiquent l'IVG", renchérit Caroline Watillon, chargée de mission sur cette thématique notamment au sein de la Fédération laïque des centres de planning familial (FLCPF). "De moins en moins de médecins se dirigent vers la médecine sociale et en outre, l'IVG, à l'instar de l'euthanasie, va à l'encontre des principes de la médecine. Un gynécologue veut donner la vie, pas pratiquer l'IVG", témoigne-t-elle.

Mme Seniora espère une mise en œuvre rapide de l'intention gouvernementale, pour pallier une pénurie croissante de médecins, dont la moyenne d'âge croît également à vue d'oeil. Du côté de la FLCPF, on compte 79 médecins pratiquant l'IVG, dont 20 sont âgés de 55 ans ou plus.

Pour Caroline Watillon, une collaboration avec les fédérations de centres de planning familial sera essentielle afin d'élaborer l'enseignement des techniques de l'IVG. "Il faut bien réfléchir à la mise en place", prévient-elle. La question de la technicité est posée, l'avortement étant un geste technique pour un médecin généraliste par exemple, tandis qu'il ne requiert pas une grande technicité de la part des gynécologues. Par ailleurs, "si le délai lors duquel l'IVG est autorisé est augmenté et qu'on en pratique au deuxième trimestre, comme aux Pays-Bas, les techniques diffèrent", illustre-t-elle.

Autre mesure qui remporte les faveurs des associations: la création dans les hautes écoles et universités d'une formation continue interdisciplinaire d'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras). Si rien de plus n'est dit dans la déclaration de politique, l'intention est déjà largement saluée.

"L'Evras est essentielle au développement de chaque individu tout au long de sa vie", souligne Mme Seniora. "Il s'agit de donner tous les outils aux jeunes et aux gens en général pour avoir une vie épanouie et fonctionner dans la société." L'ajout de cette formation est "extrêmement positif car cela devient un enjeu que le gouvernement va vouloir traiter", se réjouit-elle. Il faudra désormais être vigilant à la manière dont cette formation sera mise en place.

"Tous les acteurs de la santé devraient être formés à l'Evras", estime également Sofia Seddouk, référente Evras pour la Fédération laïque des centres de planning familial. "Il faut une réelle formation dans les cursus qui sont restés sur le côté biomédical du métier. La sexualité reste un tabou."

Cette infirmière de formation témoigne du manque de sensibilisation des professionnels de la santé face à ces problématiques. "Par exemple, quand un patient demande s'il pourra avoir une vie sexuelle après un enlèvement de la prostate, les infirmières ne savent pas répondre. C'est pareil avec les médecins sauf s'ils sont sensibles à la thématique et se sont renseignés."

Il faudra à présent préciser le contenu de cette formation continue ainsi que le public auquel elle est destinée.

Un accord de majorité "à connotation libérale", s'inquiète la CGSP-Enseignement

La CGSP-Enseignement affichait mardi une certaine inquiétude après la présentation, la veille, de l'accord de majorité PS, MR et Ecolo pour la Fédération Wallonie-Bruxelles et les ambitions affichées par le futur gouvernement en matière d'éducation. "Je ne me réjouis pas particulièrement. Je suis même plutôt inquiet", a réagi son président, Joseph Thonon, interrogé par Belga. "La connotation libérale est assez marquée et il faudra voir ce qui se cache derrière les mots, notamment pour le tronc commun ou le CEB (certificat d'études de base)".

Partie prenante aux travaux du Pacte d'excellence ces dernières années, la CGSP regrette ainsi le choix de l'arc-en-ciel de permettre aux écoles qui le souhaiteront d'organiser jusqu'à 5 périodes hebdomadaires d'"activités orientantes" en 3e secondaire pour éventuellement permettre à leurs élèves de bifurquer déjà -partiellement- vers des filières de formation professionnalisantes.

"Avec cette mesure, le tronc commun ne sera plus vraiment commun puisque certaines écoles pourront donner d'autres cours à leurs élèves de 3e année, ce qui ouvre la porte à une forme de ségrégation des élèves", regrette le syndicaliste pour qui la réforme annoncée de l'enseignement en alternance participe de cette même logique.

"Le risque, c'est qu'on aille vers plus d'adéquationnisme avec les besoins du marché du travail, c'est-à-dire qu'on se dirige vers des formations qui collent plus à ce que les patrons veulent".

Autre sujet d'inquiétude: le -nouveau- report d'un an de l'entrée en vigueur de la réforme de la formation initiale des enseignants, ceci notamment afin de mener une évaluation de son impact sur les finances de la Fédération.

"Le risque existe donc qu'on bloque demain cette réforme importante sur base de cette évaluation budgétaire", redoute ainsi Joseph Thonon.

Celui-ci ne jette toutefois pas tout l'accord de majorité par dessus bord. Il salue notamment la poursuite du Pacte d'excellence, la mise en oeuvre de la remédiation, la volonté du futur gouvernement de faciliter les transitions (et donc de lutter contre l'échec scolaire) lors des transitions entre maternel, primaire, secondaire et supérieur, ainsi que les ambitions en termes de gratuité (extension des repas de midi gratuits dans les écoles, ...).

La CGSP-Enseignement s'étonne toutefois que cette déclaration de politique communautaire (DPC) ne comporte aucune donnée budgétaire.

"Quand on a une DPC qui n'est pas budgétisée clairement, on peut alors se demander au final quelles seront les priorités politiques qui seront données".

Même si un gouvernement est en théorie un organe collégial, le syndicat socialiste dit attendre néanmoins de voir lequel des trois partis coalisés va hériter du portefeuille stratégique de l'enseignement.

"Je redoute la désignation d'un ministre libéral", reconnaît ouvertement M. Thonon. "Vu les imprécisions dans la DPC, celui-ci pourrait alors clairement donner une impulsion libérale au texte", conclut-il.

"Des mesures progressistes, mais il faudra veiller à leur financement"

La CSC-Enseignement a salué mardi les ambitions politiques affichées lundi par la future majorité pour la Fédération Wallonie-Bruxelles en matière d'éducation, pointant toutefois certaines imprécisions et inconnues, dont notamment la disponibilité de moyens budgétaires pour les financer. "On est face à des mesures qualifiées de +progressistes+, mais je suis inquiet quant à leur financement", réagit Roland Lahaye, le nouveau secrétaire-général de la CSC-Enseignement interrogé par Belga.

"Je suis très prudent quant à un retour de flammes à l'avenir où l'on serait amené à nous dire qu'il n'y a pas l'argent. On en arriverait alors à une situation où il faudrait sabrer dans les emplois d'ici quelques années".

Attachée à l'objectif de mixité sociale au sein des écoles, la CSC n'a pas raté l'annonce par l'arc-en-ciel de la révision prochaine du décret régissant les inscriptions dans le secondaire.

"On attend de voir quelles seront les propositions concrètes, mais j'espère qu'on n'ira pas dans une logique d'achat d'école, comme on achète une pomme au magasin où le premier arrivé est le mieux servi", insiste le syndicat chrétien.

Celui-ci déplore aussi le -nouveau- report de l'entrée en fonction de la réforme de la formation initiale des enseignants, qui sera portée de trois à quatre années pour les instituteurs et les régents.

Le dernier accord sectoriel de l'enseignement prévoyait en effet une série de concertations à mener parallèlement à l'entrée en fonction de cette réforme, notamment sur le barème qui sera appliqué aux nouveaux enseignants formés en quatre ans. Avec ce report d'un an, ces discussions sont donc mécaniquement post-posées.

Au rayon des éléments positifs inscrits dans cette déclaration de politique communautaire (DPC), la CSC-Enseignement salue le renforcement de l'encadrement dans le maternel, l'ambition de la future majorité de travailler sur la taille des classes, ainsi que sur la gratuité de l'école. "C'est toutefois une satisfaction mesurée. On n'ouvre pas le champagne, notamment en raison des inconnues sur le financement".

Quant à l'enseignement supérieur, M. Lahaye prend note de l'ambition de la future coalition de refinancer le secteur à hauteur de 50 millions d'euros, mais attend de voir ici aussi comment tout cela sera mis en oeuvre.

Dans l'attente de la désignation prochaine (vendredi sans doute) du nouveau ministre de l'Education, la CSC estime qu'il serait peut-être judicieux de ne pas y désigner un ministre libéral. "Ca ne facilitera pas les relations sociales...", juge Roland Lahaye.

Doubler l'usage du vélo d'ici 2024, un objectif "peu ambitieux" pour le Gracq

Le Gracq, qui représente les usagers cyclistes en Belgique francophone, se réjouit de la place accordée par le nouveau gouvernement wallon au vélo, saluant, dans un communiqué transmis mardi, un "changement philosophique important". Toutefois, il juge modeste l'ambition de doubler l'usage du vélo d'ici 2024 "par rapport aux enjeux actuels". "Le gouvernement favorisera systématiquement les modes de déplacement dans l'ordre suivant: marche à pied, vélos et micromobilité douce, transports publics, transports privés collectifs (taxis, voitures partagées, covoiturage) puis individuels." Tel est le postulat inscrit dans la déclaration de politique régionale du futur gouvernement wallon, applaudi par le Gracq. Selon ce dernier, il s'agit d'un "changement philosophique important".

Le groupe de recherche et d'action des cyclistes quotidiens se réjouit également que l'administration doive s'atteler immédiatement à atteindre cet objectif, ce qui "rencontre évidemment les attentes du Gracq".

L'organisme salue "la priorité donnée aux déplacements à vélo" et le respect de la vision FAST 2030, soit parvenir à 5% de déplacements avec la petite reine en Wallonie. Il regrette toutefois qu'il ne soit prévu que de doubler sa part d'ici 2024, passant de 1% à 2% seulement. "L'urgence climatique impose de ré-évaluer cet objectif rapidement, et d'y accorder un complément budgétaire dès que tous les outils seront mis en place", exige-t-il.

Il note tout de même "positivement un plan vélo concerté avec les usagers ainsi que la concentration d'une partie des moyens sur les zones plus denses".

Tout ne remporte pas les faveurs du Gracq, qui s'interroge sur la date annoncée - 2021 - du nouveau plan vélo. Pour le groupe, une action plus rapide est nécessaire, "d'autant plus que l'essentiel des mesures à prendre est déjà connu".

Même s'il qualifie de "bon début" la somme de 75 millions d'euros par an dégagée pour la politique vélo, il considère le montant trop modeste "au vu du retard accumulé par la Wallonie". D'autant plus que les "candidats de tous les partis politiques" s'étaient engagés à "financer le vélo à hauteur de 25 euros par habitant", rappelle-t-il.

En outre, la déclaration de politique régionale se réfère à de multiples reprises à des budgets "mobilité douce", qui comprennent à la fois la marche à pied, le vélo et les transports en commun. Cela "ne permet pas d'avoir une vision précise du budget qui sera effectivement octroyé aux cyclistes", déplore le Gracq.

Greenpeace se réjouit des ambitions affichées mais craint que ce ne soit insuffisant

Greenpeace s'est réjoui des ambitions climatiques affichées par l'accord de gouvernement wallon. Ce faisant, la Wallonie se placerait dans le peloton de tête européen et pourrait influencer d'autres entités, notamment la Flandre, estime la porte-parole, Juliette Boulet.

L'accord arc-en-ciel fixe comme objectif une réduction des émission de gaz à effet de serre de 55% en 2030 et de 95% en 2050. Les modèles scientifiques mettent toutefois en évidence que c'est en 2040, soit dix ans plus tôt, qu'il faudra aboutir à une neutralité carbone pour éviter le dérèglement climatique, fait remarquer l'organisation de protection de l'environnement.

"On ne veut pas dire que c'est insuffisant. On se réjouit de l'ambition affichée et de cette prise de conscience d'une politique qui doit épouser les limites de la planète et qui traduit la volonté de remettre en cause le système", a expliqué Mme Boulet.

Greenpeace se montrera particulièrement attentif à la mise en oeuvre des politiques annoncées, que ce soit en matière de logement ou de mobilité. "Si cela se concrétise vraiment, cela entraînera un cercle vertueux", a-t-elle souligné.

L'organisation s'inquiète néanmoins d'une absence: la fin progressive du diesel instaurée sous la législature précédente. "Il n'y a pas de réaffirmation des échéances. Nous attendons un signal clair", a dit Mme Boulet.

"Les orientations et la méthode du Pacte d'excellence sont confirmées", salue le SeGEC

Au lendemain de la présentation de l'accord de majorité en Fédération Wallonie-Bruxelles, le secrétariat général de l'enseignement catholique (SeGEC) a salué mardi la décision de la future majorité de poursuivre les ambitions du Pacte pour un enseignement d'excellence. "S'il n'y avait qu'une seule idée à retenir de cette déclaration de politique communautaire, c'est la confirmation du Pacte d'excellence, tant sur ses orientations que sa méthode de travail. Nous sommes heureux qu'il en soit ainsi. C'est une reconnaissance du travail accompli jusqu'ici", se félicite Etienne Michel, directeur général de SeGEC, interrogé par Belga.

Après lecture attentive de l'accord de majorité, M. Michel y décèle toutefois une série "d'inflexions", notamment concernant l'allongement du tronc commun où une certaine modularité est introduite pour permettre aux écoles qui le souhaiteront d'assurer une série d'"activités orientantes" en 3e année du secondaire, la dernière année du futur tronc commun.

"Sur le principe, je n'ai pas de difficultés, mais j'ai le souci de voir si tout cela sera organisable et finançable par les écoles", glisse-t-il.

L'annonce du report d'une année supplémentaire de l'entrée en vigueur de l'allongement de la formation initiale des enseignants n'a pas non plus échappé au patron de l'enseignement catholique.

"J'ai l'impression que c'est la préparation d'une réforme de la réforme...", décrypte Etienne Michel.

Celui-ci salue en tout cas la volonté affichée par le futur gouvernement de revoir le décret sur les Titres et Fonctions, "lequel empoisonne la vie des directeurs d'école avec ses procédures tellement lourdes, surtout dans le contexte actuel de pénurie des enseignants".

Etienne Michel attend à présent de voir comment seront conduits les prochains chantiers prévus par le Pacte, notamment la réforme de l'enseignement qualifiant, celle du secondaire supérieur ou encore la réforme annoncée de l'enseignement en alternance.

L'accord de gouvernement arc-en-ciel préconise également une série de collaborations entre les écoles de différents réseaux d'enseignement, mais le SeGEC, traditionnellement attaché à la liberté d'enseignement, n'y trouve rien à redire.

"Tant que les écoles décident elles-mêmes, sur base volontaire, de ce qu'elles partagent entre elles, je n'ai aucun problème", assure son directeur général.

Avec la décision de Maxime Prévot de siéger dorénavant dans l'opposition, le portefeuille de l'Education -qui était détenu depuis dix ans par le cdH- va à présent changer de mains, privant ainsi le l'enseignement catholique du relais privilégié qu'il a eu cette dernière décennie au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Interrogé sur l'arrivée au pouvoir d'une coalition laïque en Fédération Wallonie-Bruxelles, Etienne Michel se dit "relativement serein" face à cette perspective: "Je ne vais pas tirer aujourd'hui des sonnettes d'alarme. Il faut jouer le jeu de la démocratie".

Ses priorités très présentes dans la DPR, se réjouit la Fwa qui s'interroge sur le budget

Les 12 priorités qu'elle avait définies pour une agriculture familiale wallonne sont "très majoritairement" présentes dans la déclaration de politique régionale (DPR) conclue lundi par la nouvelle majorité PS-MR-Ecolo en Wallonie, se réjouit la Fédération wallonne de l'agriculture (Fwa), qui se pose toutefois des questions par rapport à la dimension budgétaire. "La déclaration de politique régionale ne chiffre pas les mesures proposées, et l'on peut donc légitimement s'inquiéter de leur financement dans le contexte économique difficile que connaît la Wallonie. Ensuite, si la note est nettement orientée sur la notion de développement durable, elle suggère le report du retour à l'équilibre budgétaire à l'exercice 2024, ce qui pourrait faire porter le poids des mesures proposées sur les épaules des générations futures", souligne la Fwa, à l'issue d'une première analyse de la DPR.

L'organisation agricole wallonne constate que la déclaration soutient un modèle familial d'agriculture, concept que la Fwa dit porter "depuis toujours", "tout comme la notion d'accompagnement des agriculteurs dans leur transition vers encore plus de durabilité, également très présente dans le projet gouvernemental."

La nouvelle majorité wallonne et la Fwa semblent également partager la même volonté de consultation des secteurs concernés et d'évaluation constante des politiques, qu'elles soient nouvelles ou en cours.

La Fwa se réjouit aussi que ses efforts pour mettre en œuvre un modèle d'assurances climatiques ne soient pas perdus et qu'une proposition en ce cens figure dans le texte.

La DPR n'en éveille pas moins certaines "craintes" dans le chef de la Fwa. Et l'organisation agricole de citer la production d'énergies vertes ou le développement de la biodiversité qui pourraient avoir "des impacts agricoles indirects". "Ainsi, des projets concrets comme la plantation de 4.000 kilomètres de haie, la désignation de 1.000 hectares supplémentaires de réserves naturelles chaque année, ou l'extension des périmètres de Natura 2000, devront être examinés au travers d'une vision agricole", avertit la Fwa, qui veut se positionner "comme une force légitime de concertation et de propositions" et "offrira sa pleine collaboration au futur ministre de l'agriculture wallon, dont elle espère qu'il sera fort et qu'il connaîtra et respectera" l'agriculture wallonne "dans toute sa riche diversité."