Chems Mabrouk présidente de la Fédération des étudiants francophones" (FEF), a confirmé au micro de la RTBF des "attentes énormes" de la part des étudiants. "Nous attendions des perspectives et le retour à 20% en présentiel. Le fait de devoir à nouveau attendre est vraiment une douche froide".

La présidente de la FEF a pointé les problèmes de décrochage scolaire et la détresse psychologique des étudiants. "Le retour en présentiel n'est pas un caprice, il nous faut des réponses maintenant. Nous dire bientôt n'est plus suffisant", a-t-elle martelé.

"Nous allons devoir répondre à ces centaines d'étudiants qui attendent des perspectives que nous ne pourrons toujours pas leur donner", a-t-elle conclu.

Les universités entre déception et compréhension face au statu quo des mesures

Beaucoup de déception parsemée de compréhension, c'est le mélange de sentiments qui primait parmi les universités après l'annonce vendredi des différents gouvernements du pays de ne pas assouplir les mesures en vigueur, au vu du nombre d'hospitalisations qui repart à la hausse. "C'est une grande déception pour nos étudiants, surtout, mais aussi pour le personnel enseignant. Nous nous attendions à une décision", a réagi Vincent Blondel, recteur de l'Université catholique de Louvain (UCLouvain). "Nous espérions pouvoir accueillir à nouveau les étudiants d'ici une semaine ou un peu plus tard", alors que la ministre francophone de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, a indiqué jeudi souhaiter une reprise partielle des cours en présentiel au plus tard le 15 mars.

Actuellement, seuls les laboratoires et travaux pratiques qui se déroulent dans des salles équipées d'un matériel spécifique et ne peuvent se réaliser à distance sont autorisés en présentiel. Le port du masque est alors obligatoire en permanence et le nombre d'étudiants dans le local est limité au maximum.

"Nous sommes à cinq semaines des vacances de Pâques. Dans une semaine, il n'en restera plus que quatre, or il faut préparer un retour, même partiel: informer les étudiants, permettre aux professeurs et assistants de se préparer. Même si nous sommes prêts à tous les scénarios, cela prend un minimum de temps", ajoute Vincent Blondel.

Si l'objectif d'une reprise progressive des cours en présentiel, avec un maximum de 20% de présence simultanée des étudiants sur le campus, reste dans le viseur, le recteur louvaniste espère encore atteindre d'ici la fin de l'année 50% des cours dispensés sur les campus.

Un retour à 20% d'étudiants en même temps sur les bancs universitaires sera "géré dans de bonnes conditions, comme l'ont prouvé les examens de janvier", abonde Pierre Wolper, recteur de l'Université de Liège (ULiège) et président du Conseil des recteurs (CRef). "Nous avions donc attendu (un assouplissement, NDLR) pour recréer du lien avec nos étudiants, dans le respect de mesures sanitaires strictes." "Les demandes de nos collègues néerlandophones allaient dans le même sens mais nous n'avons pas été entendus."

Toutefois, "la situation épidémiologique est extrêmement difficile à prédire. On peut comprendre la prudence du gouvernement, même si cette prudence peut paraître excessive au vu de ce que les universités ont mis en place". "Si nous comprenons ce qui a motivé cette décision, l'incertitude qui pèse s'ajoute au poids des mesures", acquiesce Vincent Blondel. "Des perspectives, c'est ce dont les universités, les étudiants et toute la population en général ont besoin."