Le rassemblement s'est disloqué vers 14H30, après un cortège dans les rues de la capitale wallonne et une réunion de deux heures avec Willy Borsus, le ministre wallon de l'Économie. Les participants s'étaient donné rendez-vous à Thieu, Bierges, Spy, Fernelmont et Wanlin pour converger en voiture à 70 km/h vers Namur. Ils se sont retrouvés devant le parlement wallon, impactant la mobilité jusqu'en milieu d'après-midi.

Vers 10H00, des calicots et pancartes affichant des messages comme 'au final, c'est l'état qui nous cuisine', 'l'horeca crève la dalle' ou encore 'stop à l'acharnement contre les bars et restaurants' ont été brûlés devant les bâtiments de l'assemblée régionale.

"On court à la catastrophe en matière de faillites", a déclaré le grossiste en boissons Eric Dieu, qui a co-organisé la manifestation. "Je suis en contact tous les jours avec des gens qui sont au bout du rouleau car ils n'ont aucune perspective", a-t-il poursuivi tandis qu'une délégation sollicitait une rencontre avec le gouvernement wallon.

Les secteurs représentés ont notamment demandé à recevoir, pour l'horeca, des aides semblables à celles reçues en Flandre ainsi qu'un soutien aux "oubliés" de la crise. "Les fournisseurs qui vendent en B2B n'ont encore reçu aucune prime. Les forains peuvent travailler, mais aucune ville ne veut les accueillir...", a cité en exemple M. Dieu.

Vers midi, alors qu'un cortège de plusieurs centaines de personnes déambulait dans le centre de Namur, une délégation de 7 personnes a été reçue par le ministre wallon de l'Économie. Ils représentaient le secteur de l'horeca, des cafetiers, des fournisseurs, des forains et des brocanteurs qui demandent à pouvoir recommencer à travailler en extérieur.

"Willy Borsus nous a beaucoup écouté et a pris énormément de notes. On a senti qu'il avait la volonté de nous aider. Le ministre-président Elio Di Rupo nous a rejoint en téléconférence et nous a répété ce qu'on a déjà trop entendu sur la toute-puissance des experts", a indiqué Eric van Crombrugge, patron de restaurants, à l'issue de la réunion.

Avec ses confrères, il a rapporté le contenu de la réunion aux manifestants rassemblés au Grognon peu après 14H00 puis il a demandé à ce que le groupe se disloque. Tout s'est déroulé dans le calme. "Il n'y a pas eu d'incident, pas d'arrestation administrative et la circulation a été rétablie pour la sortie des écoles", a confirmé la porte-parole de la Police Namur Capitale Sandrine Mossiat.

La volonté affichée par une partie des manifestants jeudi après-midi était d'ouvrir le 21 mars quoiqu'il arrive. "Nous attendons un protocole de réouverture rentable. La guillotine coupe des têtes tous les jours. J'espère qu'on va tous oser rouvrir au printemps avec l'aide de l'horeca, de la culture, des jeunes, du beau temps et la complicité, je l'espère, du gouvernement wallon", a conclu M. Van Crombrugge.