Les politiques en nombre hier à Sclessin... mais pas Yves Leterme


Leterme reste en sursis


SCLESSIN "Yves Leterme a quitté le Belvédère à 16 h 30 : il sera peut-être à temps pour le coup d'envoi". L'information s'était chuchotée de bouche à oreille : l'aréopage politique allait assister à Standard - Cercle Bruges ! On annonçait même la présence, totalement, inédite, de Joëlle Milquet.

Cette effervescence avait le don d'amuser les dirigeants du club liégeois. Pierre François, le directeur général du Standard, avait souri : "Ils viennent tous ici. J'ignorais totalement que le Cercle Bruges comptât, parmi ses supporters, autant de politiciens de premier plan. On annonce la présence d'Yves Leterme et de Didier Reynders. Cest normal : ce sont des habitués. Le premier n'hésite pas à arborer une écharpe en signe d'allégeance. Le second est plus discret. Elio Di Rupo nous fait également l'honneur d'assister au match. C'est une réelle surprise : je n'ai pas souvenance d'avoir aperçu le président du Parti socialiste dans les tribunes de Sclessin pour un Standard - Mons. S'il vient, il sera sous bonne escorte : le bourgmestre de Liège, sera à ses côtés".

Pierre François révéla qu'Olivier Maingain avait réservé un siège, lui aussi. Il avait oublié de citer Jean-Claude Marcourt. Toujours amusé, le directeur du Standard saisit la balle au bond : "On cherche un site pour ériger le nouveau stade du Standard. Je vais proposer que nous laissions Sclessin aux politiques et que nous émigrions à Val Duchesse".

Le temps passait et aucun politique n'avait toujours franchi le tourniquet, le seuil qui mène à la tribune d'honneur. Le public, qui s'était perdu en conjectures sur l'arrivée d'Yves Leterme - "Va-t-il arriver à pied ou sa voiture le déposera-t-elle juste devant le tourniquet ?" - commença à se disperser pour prendre place dans les travées.

Accompagné de son épouse, Didier Reynders échangea bientôt quelques mots amènes avec Elio Di Rupo. La place d'Yves Leterme restait vide. Elle le restera. "Le climat politique trop tendu n'avait pas incité M. Leterme à se déplacer", fit-on savoir. Dommage : on eût aimé lui demander laquelle de ses deux passions - le Standard et la politique - lui causait le plus grand plaisir à cette époque de l'année...



© La Dernière Heure 2007