La Belgique a vu son taux de reproduction augmenter ces derniers jours. Selon des affirmations de l'épidémiologiste Pierre Vandamme, la valeur R aurait atteint 0,93. Ce chiffre, qui correspond au nombre moyen de personnes infectées par un malade, s'élevait à 0,87 à la mi-juin. Au plus fort de l'épidémie, il avait passé la barre des 3, mais était ensuite redescendu à un niveau assez bas aux alentours du mois de mai (0,53). La légère augmentation constatée actuellement dénote avec le reste des tendances observées en Belgique qui sont, elles, à la baisse. Faut-il l'interpréter dès lors comme un premier signal d'alarme ? 
 
Le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus Steven Van Gucht n'y voit pour l'instant aucune raison de s'inquiéter. Même s'il postule que le taux de reproduction franchira le seuil de 1 dans le courant de la semaine prochaine, le virologue reste optimiste quant à l'évolution de l'épidémie en Belgique. "Tant que les autres chiffres restent bas, il n'y a aucune raison de paniquer", estime-t-il auprès de nos confrères de Het Laatste Nieuws.

Comme l'explique le chef du département des maladies infectieuses de Sciensano, le calcul du R se base notamment sur l'évolution des admissions à l'hôpital. Le moindre changement dans les hospitalisations peut donc avoir un impact sur le taux de reproduction. "Nous rapportons maintenant une quinzaine d’hospitalisations par jour, détaille M. Van Gucht. Supposons que l’on constate une augmentation dans les prochains jours et que l'on dénombre 17 ou 18 hospitalisations, cela entraînera une hausse du taux de reproduction, alors que le nombre d'admissions sera encore faible. Vous ne pouvez interpréter cette valeur R qu’avec tous les autres chiffres."

Le virologue de Sciensano estime toutefois qu'il faut rester vigilant. "Si le taux de reproduction reste au-dessus de 1, là on aura bel et bien un problème, met en garde le porte-parole interfédéral. Parce qu'alors on aura la certitude qu'on repart sur une ligne ascendante."