"Si l’on continue avec les tendances actuelles, on peut estimer que début janvier, on sera dans les indicateurs que les experts et le ministre de la Santé ont fixé, c’est à dire moins de 75 hospitalisations par jour et moins de 800 nouvelles contaminations par jour, et une tendance à la décroissance", estime Yves Coppieters.

Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a annoncé un plan en deux phases pour sortir de la crise de coronavirus en Belgique. La phase de contrôle devrait pouvoir être enclenchée à partir du mois de janvier. Les mesures de contrôle qui vont accompagner ce déconfinement progressif vont être essentielles. Pourtant, la politique en matière de testing et de tracing n'a pas été abordée lors de la conférence de presse.

"Je suis un peu étonné", reconnaît Yves Van Laethem pour qui on ne parlait déjà pas assez de ces armes contre le coronavirus lorsque Sophie Wilmès occupait le poste de Première ministre.

"Est-ce qu'on estime que cette fois-ci, on a assez dit qu'on pouvait en faire 110 000 et qu'on était les meilleurs du monde? Pardon, de l'Europe. Est-ce qu'on a assez dit que maintenant le testing allait être super? Est-ce qu'on a assez dit qu'on allait (enfin) essayer d'employer d'autres systèmes, comme les tests antigènes ?", ironise-t-il.

"Le reproche que je leur fait, psychologiquement parlant, c'est qu'il n'y a aucune lueur d'espoir dans leur message", ajoute le porte-parole de la lutte contre le coronavirus. "Il n'y a pas de positif là-dedans."

Ne pas reproduire les mêmes erreurs

Pour Yves Coppieters, le gouvernement commet surtout une erreur en sous-estimant le contrôle de l'épidémie. "A la conférence de presse, ils ont parlé de ce que chacun devait faire, des comportements, de faire attention dans les commerces... Il n’y a pas que ça !", regrette l'expert. "Ils n’ont parlé ni du testing, ni du suivi de contact". Hors, ces mesures de préventions sont la responsabilité des pouvoirs publics, rappelle l'épidémiologiste. Et ces mesures ont des failles : "On le sait, on l’a bien vu".

Pour Yves Coppieters, les stratégies de testing et de tracing devront être mises en place pour mener à bien le déconfinement. "Il faut savoir contrôler cette épidémie. et la contrôler, c’est mettre tout en œuvre pour maintenir ce seuil bas", insiste-t-il. Un contrôle qui, cet été, a manqué selon l'expert : "On n'a pas eu un vrai contrôle de l'épidémie : la preuve, c’est que dès que les transmissions ont repris, on a perdu tout de suite le fil des contaminations. Il y avait une gestion de l’épidémie, mais il n’y avait pas un contrôle de l’épidémie."

Un avis que partage Yves Van Laethem. Selon lui, lors de l'apparition de la deuxième vague, les décisions n'avaient pas été prises. "Si on avait pris les décisions fin septembre, on aurait pu éviter cette deuxième vague comme ça", regrette l'expert. Il espère que cette fois, la troisième vague pourra être stoppée à temps : "J’espère quand même que s’il naissait quelque chose, on ne va pas regarder monter la vague en disant 'mon dieu, est-ce que cela deviendra un tsunami' ", ajoute-t-il.

Les questions quant aux politiques de tracing et de testing trouveront probablement des réponses dans les prochaines semaines, lorsqu'elles seront annoncées plus en détail. D'ici là, il va falloir continuer à se montrer patient. Et surtout, prudent.