Ce vendredi, Sciensano a indiqué dans son rapport quotidien qu'il y avait eu jeudi 399 admissions à l'hôpital, soit le chiffre le plus bas depuis le 19 octobre. Durant les sept jours allant du 6 au 12 novembre, il y a eu 497 admissions journalières en moyenne soit 25% de moins que la semaine précédente. Le nombre de patients à l'hôpital dépasse toujours la barre des 7.000 car moins de malades ont quitté l'hôpital. Jeudi, 7.010 personnes atteintes du Covid-19 étaient à l'hôpital contre 6.876 mercredi. 1.452 personnes se trouvaient en soins intensifs.

"Le nombre d'infections continue à diminuer relativement rapidement. Le nombre d'hospitalisations continue également à diminuer. Au niveau des soins intensifs, nous avons un plafonnement des chiffres. Si les décès continuent à augmenter, c'est sur un rythme plus lent", explique Yves Van Laethem.


"Si on s'intéresse aux nouvelles contaminations, nous avons une diminution de 48% par semaine. Ce nombre diminue donc de moitié tous les 7 jours et cela nous place au 6ème rang au ranking européen. Si cette tendance se poursuit, nous pourrions atteindre les 1.000 cas par jour début décembre, d'ici deux semaines", détaille le porte-parole interfédéral. 

Au niveau de la moyenne d'âge des personnes contaminées, les chiffres plus élevés sont à trouver dans la tranche des 40-50. Les diminutions de cas sont généralisées dans chaque province de notre pays.


Les hospitalisations continuent également à diminuer dans chaque province et l'on compte 497 patients hospitalisés par jour en moyenne. "7.010 patients sont actuellement hospitalisés pour cause de Covid. 1452 personnes sont en soins intensifs. Au niveau des soins intensifs justement, c'est le troisième jour où les chiffres montrent une stagnation ou une légère diminution. Nous pouvons estimer, sous réserve de mauvaise surprise dans les prochains jours, que le pic de patients dans les soins intensifs a été enregistré il y a 4 jours avec 1474 patients hospitalisés."

Le nombre de décès augmente à un rythme plus lent. "Il est probable que la tendance ralentisse et s'inverse dans les prochains jours."


En ce qui concerne les maisons de repos, Yves Van Laethem se veut positif. "Le nombre d'infections parmi les résidents est en baisse dans toutes les régions. Par exemple, les nouvelles infections par 1000 résidents est de 22 en Flandre, au lieu de 27. 48 en Wallonie au lieu de 69 et de 25 à Bruxelles au lieu de 62." 

Le nombre de maisons de repos sans contamination est également occupé de se stabiliser. 


Des études menées sur les anticorps chez les donneurs de sang

Des études sont en cours sur le suivi d'anticorps dans la population depuis le début de la pandémie. "Dans une première étude, Sciensano fait un suivi régulier avec l'aide des donneurs de sang de la Croix-Rouge sur la présence d'anticorps chez les donneurs de sang. 13.000 échantillons sanguins ont été analysés. Les données les plus récentes portent sur des échantillons qui ont été prélevés à la mi-octobre. 6% des donneurs de sang ont des anticorps contre le Covid. Un chiffre comparable à ce que nous avions lors de la fin de la première vague. Ce n'est pas encore assez représentatif. Il faudra attendre pour avoir une meilleure idée de l'impact réel des anticorps."

Les donneurs de sang ne sont également pas représentatifs de la population car ils sont en bonne santé et ne présentent aucun symptômes du Covid au moment où le sang est donné. Des études faites par Sciensano permettent pourtant de prévoir que, d'ici la fin de la deuxième vague, nous aurons globalement dans la population belge un taux de personnes avec des anticorps compris entre 10 et 20%. Ces 10 et 20% peuvent jouer un rôle dans le ralentissement de la transmission du virus. "Ces personnes sont partiellement et pour un certain temps protégées d'une infection subséquente."

Cependant, ceci est très loin de ce que les experts préconisent pour obtenir l'immunité collective de la population. "Normalement, il faut entre 60 et 70% de personnes qui ont des anticorps. On sait aussi que ce pourcentage risque de ne pas être uniforme dans le pays. On pourrait avoir plus d'anticorps chez des personnes qui vivent dans certaines régions. On pourrait se dire avec la deuxième vague que le taux d'anticorps sera peut-être plus important chez les patients wallons que dans la partie flamande du pays."

La notion d'immunité de groupe est, selon Yves Van Laethem, mal interprétée. "L'immunité de groupe ne veut pas dire qu'elle fera en elle-même disparaître le virus. Cela ne s'est jamais présenté tel quel dans la réalité. Une éradication totale d'un virus demande d'abord à ce que le seul réservoir soit humain. Sauf que dans le cas du coronavirus, nous savons qu'il y a aussi un réservoir animal. Lorsqu'il s'agit d'un réservoir purement humain, l'éradication du virus s'est produite grâce à l'emploi d'un vaccin qui a permis, comme pour la variole par exemple, d'obtenir l'éradication d'une maladie purement humaine. Ce n'est pas du tout la situation que nous vivions ici avec le coronavirus."

"L'immunité de groupe sans vaccin est un leurre"

Grâce à l'immunité de groupe, établie par l'infection et la vaccination, on passe de situation épidémique aiguë à situation endémique. "L'équilibre qui s'établit dans une situation endémique fait que le virus est présent à un faible niveau et a moins d'impact sur la population avec quelques flambées. C'est ce que nous observons avec de nombreux virus respiratoires comme la grippe. La recherche d'une immunité de groupe sans vaccin est un leurre sauf si nous sommes prêts à payer un prix extrêmement important en vies humaines et en destruction de soins de santé pour d'autres pathologies."

Plusieurs modèles ont estimé que si la Belgique allait vers un système d'immunité de groupe, il faudrait compter 60.000 décès sur notre territoire. 

La seule solution pour atteindre une immunité de groupe est donc de passer par un vaccin, explique Yves Van Laethem. "Plusieurs vaccins sont en rang pour être présents lors du printemps. Nous devons tenir jusque là. Le vaccin ne va pas tout résoudre, il ne va pas faire disparaître le virus. Il va simplement nous permettre de bâtir une immunité de groupe dans la société sans payer les frais de l'infection et de sa mortalité. Il faudra donc tenir pendant une période psychologiquement importante avec les fêtes. Ne vous réunissez pas en grand groupe. Ce sera la seule fois où nous ferons face à une situation pareille Il ne faudra d'ailleurs pas attendre les fêtes de fin d'année en 2021 pour que de nettes différences en amélioration soient marquées. Attendons donc en prenant nos précautions", conclut le porte-parole interfédéral.