La motivation des Belges à suivre les règles pour endiguer l'épidémie de coronavirus est en hausse depuis l'avènement du nouveau gouvernement, mais on est loin des 80% d'adhésion enregistrés au printemps. Un peu moins de la moitié de la population (49,5%) affirme respecter pleinement les règles en vigueur, d'après le dernier baromètre de l'université de Gand sur le sujet - qui date du 14 octobre. Cette proportion était de 80% au mois de mars et avait plongé à 22% pendant l'été.

Une hypothèse est que l'adhésion de la population s'est effritée par une impression de cacophonie politique, avec un discours qui n'a pas toujours été consonant. Le nombre de cas de contaminations parmi la classe politique n'a pas aidé non plus, cela a décrédibilisé le message, énumère Olivier Klein.

Pour le psychologue, l'adhésion de la population est atteinte lorsqu'elle a le sentiment que tout le monde est "dans le même bateau". Cette solidarité est mise à mal par la recherche "délétère" d'un coupable. On pense aux disparités régionales, à la stigmatisation des "jeunes" ou de différentes communautés, qui sont régulièrement pointées du doigt pour leur rôle présumé dans la propagation du virus.

Dans l'ensemble, "les gens sont prêts à faire des efforts si ils voient que cela a des effets", constate Olivier Klein. Dans ce sens, il faut espérer que les nouvelles mesures auront un résultat à moyen terme, selon lui.

Les autorités ont décidé vendredi de durcir les mesures en vigueur pour tenter de freiner la propagation du coronavirus en Belgique. Les contacts sont encore limités davantage, les restaurants et cafés sont fermés pour un mois et un couvre-feu entre en vigueur entre minuit et 5h du matin.