Les autorités n’envisagent pas une réouverture avant la fin août.

Il paraît bien loin, le temps des files d’attente devant les boîtes de nuit et des soirées passées à danser jusqu’au petit matin.

Si bars et restaurants vont rouvrir ce lundi 8 juin, ce n’est pas encore le cas pour les discothèques du pays.

Pour ces établissements où la distanciation physique est difficilement envisageable, les autorités n’envisagent pas une réouverture avant la fin août. Pour le secteur, cette annonce et ce flou concernant une date de reprise potentielle sont un nouveau coup dur. "Nous ne pouvons plus tenir", mettent en garde Carl De Moncharline, organisateur d’événements et patron de l’Imperial, un bar du centre de Bruxelles, et Lorenzo Serra, porte-parole de la toute nouvelle Brussels by Night Federation.

Depuis plusieurs années, ce secteur a dû s’adapter à beaucoup de situations difficiles (attentats, normes sonores plus strictes, augmentation de la TVA, etc.) et fait aujourd’hui face à la crise du Covid-19. "La situation devient dramatique et il est temps de la prendre en compte" , déclare Lorenzo Serra. "L’idée, c’est d’être constructif et de dire que c’est le moment (pour les différentes instances) de nous inviter à table pour voir comment on va rouvrir professionnellement, en respectant des normes qui risquent d’être obligatoires."

De plus, les discothèques ont généralement de lourdes charges à assumer, contrairement à leurs petits frères, les bars, cafés et bistrots, qu’elles soient ouvertes ou fermées. Une situation économique qui s’est aggravée avec la crise que nous traversons. Ainsi, beaucoup risquent leur société, mais également leurs biens privés. "Nos créanciers perdent patience et les faillites sont à prévoir si nous n’avons pas une date ferme de réouverture", déplorent les acteurs du monde de la nuit. Dans une situation délicate sur le plan financier, le club bruxellois du C12, situé dans la galerie Horta au centre-ville, a par exemple lancé une campagne de crowdfunding sur Internet pour couvrir les pertes et les frais qui s’accumulent. L’équipe espère ainsi récolter 50 000 € avant le 28 juin prochain, une somme essentielle pour la survie du lieu.