Les habitations se sont vendues plus vite et plus cher l’an dernier, mais le flou entourant la déductibilité fiscale des crédits hypothécaires pourrait paralyser le marché

BRUXELLES Le réseau immobilier ERA a dressé hier un bilan complet de l’année 2011, se réjouissant des excellentes performances enregistrées par ses agences, mais craint que le flou persistant sur la déductibilité fiscale des crédits hypothécaires ne mette le marché à mal cette année.

“En 2011, les agents immobiliers d’ERA ont été chargés de 6.500 missions de vente, ce qui correspond à une augmentation de 12 % par rapport à 2010. On peut donc qualifier 2011 d’année très active. Le nombre de ventes a augmenté de 4 % pour atteindre un volume total de 5.327” , explique Pol Vanacker, Managing Director d’ERA.

À la question de savoir si un marché où l’offre est plus importante que la demande n’est pas un signe avant-coureur d’une diminution de prix, Laurent De Waegeneer, Manager Bruxelles et Wallonie chez ERA, répond : “Ce serait le cas si l’ensemble du marché était déséquilibré, mais nous n’en sommes absolument pas là. Les logements jusqu’à environ 350.000 euros se vendent encore très bien. Ce sont surtout les habitations du segment de prix supérieur qui se vendent plus difficilement, et encore, il existe de grandes différences entre les Régions.”

Au niveau des prix, précisément, les maisons (3 chambres) ont progressé de 5 % pour atteindre une moyenne de 220.000 € (contre 209.000 € en 2010), tandis que les appartements (2 chambres) ont progressé de 7 %, passant de 166.000 à 177.500 € en moyenne. Plus chères, les habitations partent aussi plus vite (en moyenne 91 jours pour une maison et 102 jours pour un appartement).

Par ailleurs, l’impact du Certificat de performance énergétique (CPE) devient de plus en plus évident dès lors que les acheteurs prennent conscience de sa nécessité et des prix de l’énergie en constante augmentation. Pol Vanacker, Managing Director d’ERA : “Nous voyons aujourd’hui que le prix des travaux d’isolation doit être déduit du prix demandé pour mettre en vente l’habitation au juste prix.”

Quoi qu’il en soit, les investisseurs ne semblent pas avoir délaissé l’immobilier en tant que placement. Il faut dire que la faiblesse des taux sur les comptes épargne, l’incertitude qui plane sur les Bourses n’incitent pas à placer son argent dans ces secteurs.

Enfin, pour Laurent De Waegeneer, il est important d’obtenir rapidement des garanties quant à la suppression de la déductibilité fiscale des emprunts hypothécaires à partir de 2014 : “Toute confusion signera l’arrêt des transactions, ce qui n’est bon ni pour les propriétaires ni pour les autorités qui se priveront ainsi des droits d’enregistrement.”



© La Dernière Heure 2012