"Tant les petites bouteilles que les grandes sont difficiles à trouver en ce moment", explique Alain De Laet, à la tête de la brasserie Huyghe qui produit les bières Delirium Tremens. La cause est imputée à la pandémie de coronavirus. "Comme l'Horeca était fermé, les brasseurs se sont tournés vers les supermarchés. Des bières qui, d'ordinaire, étaient vendues en fût ont été fournies embouteillées dans les supermarchés". D'autres entreprises confirment cette tendance.

Cependant la problématique existait déjà avant la crise sanitaire, ajoutent aussi brasseurs et fournisseurs. "Une pénurie existe déjà depuis quelques années, car le nombre de fabricants européens de bouteilles a diminué", explique Christophe Bossut, patron d'Axaglass, un des principaux distributeurs de bouteilles de bière en Belgique. En outre, après plusieurs rachats et fusions, de nombreux fabricants ont fermé et le secteur a été surpris par la demande croissante pour des bouteilles en verre. "Le secteur européen de la bière a grandi au cours des dernières années, en particulier grâce à l'export. Et ce alors que la viticulture était en plein essor et que le lait était à nouveau davantage embouteillé dans du verre", poursuit M. Bossut.

Les fabricants ont tenté d'augmenter leur production, mais cela est assez lent. Un nouveau four à verre coûte des dizaines de milliers d'euros. Au cours des années passés, seule une nouvelle usine a ouvert ses portes, celle de Wiegand-Glas en Allemagne.

La pénurie de bouteilles n'affecte toutefois pas encore tous les brasseurs. En outre, ces stocks limités ne mettent pas en danger l'approvisionnement de l'Horeca et des magasins, confirment les acteurs du terrain auxquels De Tijd s'est adressé.

Les géants brassicoles comme AB InBev et Heineken (Alken-Maes) sont fournis principalement par trois entreprises. Les brasseurs de traille moyenne, comme Omer Vander Ghinste et Haacht assurent par exemple qu'ils ne sont pas confrontés à des problèmes et, au pire, reçoivent les bouteilles avec quelques semaines de retard.