La fédération du commerce et des services (Comeos) se réjouit de la réouverture des commerces non-essentiels décidée par le Comité de concertation vendredi. "Ce n'est pas trop tôt. Chaque jour de fermeture représentait une perte de 100 millions d'euros. Je suis heureux que les virologues aient reconnu nos efforts pour permettre aux clients de faire leurs achats en toute sécurité", a commenté le CEO de Comeos, Dominque Michel. La fédération a toujours martelé que toutes les mesures étaient prises pour garantir la sécurité du personnel et des clients, comme la limitation du nombre de personnes présentes en même temps et l'obligation du port du masque, rappelle-t-elle.

"La jauge fixée à un client par 10 m2 est la plus stricte d'Europe (en France, par exemple, elle est d'un par 8 m2, NDLR) et il sera obligatoire de faire ses achats seul à partir de la réouverture mardi", souligne M. Michel.

Les indépendants également satisfaits de la réouverture des commerces non-essentiels

Les organisations d'indépendants ont salué la décision du Comité de concertation d'autoriser la réouverture des commerces non-essentiels le 1er décembre. Le Syndicat neutre pour indépendants et l'Union des Classes moyennes déplorent cependant le maintien de la fermeture des professions de contact. Le SNI craint que la fermeture des coiffeurs, esthéticiens ou les autres professions de contact n'engendre un tourisme frontalier aux Pays-Bas et en France.


L'UCM déplore aussi le maintien de la fermeture des métiers dits de contact, "synonyme de catastrophe", selon elle. "Ce sont des centaines d'emplois qui sont concernés. Ne parlons pas du secteur de l'horeca pour qui aucune perspective n'est possible... ou encore les secteurs du voyage, de la culture, de l'évènementiel."

L'organisation demande la prolongation de mesures de soutien comme le chômage temporaire pour force majeure, le droit passerelle... Un maintien promis par le Premier ministre lors de la conférence de presse consécutive au Comité de concertation.

UCM et SNI saluent tout de même la décision de rouvrir les commerces non-essentiels. Tout comme le Syndicat des indépendants (SDI), dont les membres "à bout de souffle" - et particulièrement les petits commerces - ont absolument besoin de relancer leurs activités pour assurer leur survie économique, relève-t-on.

"Alors que la période des fêtes de fin d'année se rapproche à grands pas, des milliers d'indépendants et de commerçants exsangues reçoivent enfin des perspectives concrètes de sortie de crise", commente Daniel Cauwel, président de la fédération patronale.

"Tous les experts reconnaissent aujourd'hui que le virus ne se propage pas dans les commerces. Leur fermeture a handicapé notre économie de manière aussi grave qu'inutile", dénonce-t-il.

Les coiffeurs déçus de ne pas pouvoir rouvrir leur salon

L'Union des coiffeurs belges Coiffure.org ne masque pas sa déception, après les mesures annoncées vendredi dans la foulée d'un nouveau Comité de concertation. Les salons de coiffure ne rouvriront en effet pas dans l'immédiat et pourtant, l'organisation professionnelle est persuadée que les coiffeurs pourraient exercer en toute sécurité. "Nos coiffeurs ont pris énormément de mesures", souligne le président de Coiffure.org, Jef Vermeulen. "Nous travaillons avec un client à la fois, avec des masques buccaux, du désinfectant et en gardant une distance. Nous aurions pu rouvrir en toute sécurité, c'est donc une grande déception."

L'organisation sectorielle évoque aussi une concurrence déloyale à partir du moment où des salons de coiffure sont ouverts dans les pays voisins. "Nous perdons nos clients au profit des pays voisins."

Coiffure.org déplore enfin un manque de mesures de soutien. "Avec la compensation que nos coiffeurs perçoivent maintenant, un bain de sang va suivre, certainement si nous devons fermer jusqu'à la mi-janvier", se désole encore Jef Vermeulen. La profession espère toutefois encore des assouplissements d'ici la mi-janvier ainsi que des mesures de soutien supplémentaires.

L'horeca espère une vraie reprise en 2021

L'horeca a déjà un oeil sur 2021. Le plus grand risque à éviter pour le secteur est la troisième vague de coronavirus. Inutile donc de forcer les choses en voulant rouvrir avant la fin de l'année, selon la fédération bruxelloise du secteur. "Si on rouvrait maintenant et qu'on connaissait une troisième vague, il n'y aurait tout simplement plus d'horeca", résume Philippe Trine, président d'Horeca Bruxelles.

Même si aucune date précise n'a été mentionnée pour l'horeca vendredi soir à l'issue du Comité de concertation, le secteur ne table pas sur une réouverture avant mi-janvier, voire début février. "Traditionnellement, la période de fin d'année n'est pas si bonne pour l'horeca. Pas à Bruxelles en tout cas. Certes, pour les régions touristiques comme Durbuy et la Côte, ce sera la catastrophe, mais dans la capitale, le public ne se précipite plus au restaurant pour célébrer les fêtes de fin d'année."

Si réouverture il y a, Philippe Trine souhaite qu'elle dure. "On n'ouvre pas un restaurant comme ça pour le refermer une ou deux semaines plus tard. Les restaurateurs ont vu en mars ce que cela faisait de jeter des quantités de nourriture. C'est contre leur ADN. Ils ne veulent plus revivre ça", conclut-il.

Son vis-à-vis du nord, Matthias De Caluwe s'étonnait tout de même que l'horeca n'ait pas été mentionné lors de la conférence de presse des autorités vendredi soir. "Etrange quand on sait qu'il s'agit d'un secteur avec la même valeur ajoutée que le domaine pharmaceutique. Je suppose qu'on ne doit rien attendre avant le 15 janvier", se résigne-t-il. Le responsable d'Horeca Vlaanderen a appelé les autorités à se concerter avec les pays limitrophes afin d'adopter des règles de reprise similaires.