Un vrai casse-tête. Entre les règles des communautés, des fédérations et du comité de concertation, un sportif a de quoi perdre son latin. Peut-il pratiquer son sport préféré et si oui dans quelles conditions ? Ce vendredi matin, le comité de concertation, qui regroupe le gouvernement fédéral et ceux des entités fédérées, avait décidé de suspendre toutes les compétitions pour les sportifs amateurs (au-dessus de 18 ans) jusqu’au 19 novembre prochain, qu’il s’agisse de sports pratiqués en plein air ou en salle. “Il reste interdit de vendre ou de consommer des boissons et de la nourriture” dans les enceintes sportives, souligne les membres du Comité de concertation.

Mais en soirée, la communauté Wallonie-Bruxelles prenait des mesures plus strictes en rabaissant cet âge à 12 ans. Comprenez : toutes les compétitions sportives des enfants de plus de 12 ans sont annulées côté francophone, en ce compris les entraînements.

Notons que les compétitions professionnelles sont maintenues, mais elles devront avoir lieu à huis clos. Dans les clubs amateurs, on s’interrroge. “Pourquoi fait-on une différence entre les professionnels qui peuvent continuer à jouer et les amateurs qu’on prive de compétition”, s’insurge Thierry Forton, le directeur des jeunes du Crossing de Schaerbeek. On joue pourtant au même sport. Il y a là deux poids deux mesures que je ne comprends pas”.

Autre question : pourquoi le comité de concertation a retenu cet âge de 18 ans pour suspendre les compétitions. “Il n’y a pas d’argument scientifique, explique Yves Coppieters, professeur de Santé publique à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). On sait qu’un enfant de moins de dix ans a peu de risque de transmettre le virus. Entre 10 et 15 ans, c’est le flou dans la littérature scientifique. Mais un adolescent de 15 ans fonctionne comme un adulte au niveau de la transmission”.

Même son de cloche du côté du virologue Marc Van Ranst qui ne comprend pas d’où vient cette limite placée à 18 ans. “Je pense qu’il est surtout important de fortement limiter le sport en salle”, explique le virologue qui n’exclut pas que les régles changent rapidement. “Vu la situation sanitaire, la pression va être très forte ces prochains jours pour que des mesures plus radicales soient prises. Mais il est aussi important que chacun puisse encore pratiquer un sport”.